Audace, mode d’emploi
- Mardi, 15 Juin 2010
Audace, mode d’emploi
48 heures après, la question reste la même. Les Verts avaient-ils les moyens de jouer avec plus d’audace contre la Slovénie ? Il est vrai que l’équilibre était fragile. Si l’Algérie n’a jamais été déstabilisée par une action slovène, si elle a réussi à récupérer autant de ballons au milieu du terrain, c’est aussi grâce au choix de jouer avec 5 milieux de terrain. Et un seul attaquant. Retirer en cours de match un milieu, Kadir par exemple, pour un attaquant de plus, aurait-il assuré la même maîtrise collective du ballon ? On ne le saura jamais. Par contre, tout le monde sait qu’avec le même effectif sur le terrain, il est possible de changer d’animation. Cela était arrivé contre la Côte d’Ivoire en quart de finale de la dernière CAN. Menés au score d’entrée, Rabah Saâdane a poussé Matmour plus haut en soutien à Ghezzal. Premier tournant du match. Dimanche, contre la Slovénie, le coach national n’a pas considéré que le nul, zéro partout, était une contre-performance. Sinon, il n’aurait pas fait un changement poste pour poste en attaque. Matmour, encore pas suffisamment en jambes, n’a pas apporté le soutien attendu à l’attaquant de pointe. Un deuxième joueur de surface s’imposait. Au risque d’avoir un peu moins la maîtrise du ballon. La vraie question de fond est finalement de savoir à quoi sert d’avoir un milieu bien fourni si à chaque récupération de balle, il n’y a jamais aucune explosion vers l’avant. Jamais les Verts n’ont été percutants dans l’axe, alors qu’un ballon sur deux était près du rond central. Du gâchis. La recherche excessive de la largeur (Ziani) ou de l’appui à l’arrière (Yebda) a fait d’un atout, la récupération du ballon loin de ses buts, une baudruche vide. A l’heure de jeu, un coup de dé était suspendu dans l’air austral illuminé. Il fallait le jouer. Ce jour-là. A ce moment-là. Les prochaines prises de risques, face à l’Angleterre et aux Etats-Unis, ressemblent déjà à des opérations à la «desperado». Face à la Slovénie, au tournant de l’heure, il fallait considérer les deux points en plus à conquérir. Pas le point en moins à perdre. Et forcer son destin. Rabah Saâdane n’a pas changé depuis l’Irlande du Nord de 1986.



