Tennis : Federer sur les traces d'Agassi
- Dimanche, 04 Septembre 2011
US Open
Federer sur les traces d'Agassi
Synthèse O.A.-O.
Roger Federer, N.3 mondial, a concédé son premier set à l'US Open en se qualifiant samedi pour les 8e de finale avec une victoire 6-3, 4-6, 6-4, 6-2 face au Croate Marin Cilic (N.27).
Le Suisse de 30 ans atteint les 8e de finale d'un tournoi du Grand Chelem pour la 30e fois d'affilée. Lui qui dispute son 48e Grand Chelem de suite n'a plus raté la marche du 3e tour depuis Roland-Garros en 2004.
A New York, il cherche à devenir le premier trentenaire à remporter un titre du Grand Chelem depuis l'Américain Andre Agassi en 2003 (Australie). Face à Cilic, le Suisse a eu une saute de concentration en fin de 2e set en se faisant surprendre alors qu'il servait pour égaliser à 5-5. Dans la 3e manche, le Bâlois a pu compter sur un coup de pouce du Croate qui lui a cédé son service à 4-4 sur une double faute.
Cilic avait laissé passer sa chance et la dernière manche a été marquée par un break rapide de Federer, qui n'a laissé au jeune Croate que six points sur son service. Le Suisse a refait le break à 4-2 après un jeu de 14 points et a empoché sa 226e victoire en Grand Chelem sur un jeu blanc, dont deux aces.
Le quintuple vainqueur de Flushing Meadows rencontrera l'Argentin Juan Monaco, 36e mondial, pour une place en quart de finale. Ce qui ne devrait pas, en principe, poser trop de problèmes à l’ancien N1 mondial.
Djokovic atteint la soixantaine
Novak Djokovic a enregistré samedi au 3e tour de l'US Open sa soixantième victoire de la saison en battant le Russe Nikolay Davydenko au terme d'une rencontre plutôt terne dont le point d'orgue aura été la danse qu'il a exécutée sur le court lors d'une interview télé.
Le N.1 mondial, qui s'est imposé 6-3, 6-4, 6-2 avec son habituelle maestria au retour de service (84% de services retournés) et une mise en jeu fiable (un seul break concédé), affrontera l'Ukrainien Alexandr Dolgopolov (N.22) pour une place en quart de finale du dernier tournoi du Grand Chelem de la saison.
Face à Davydenko, le Serbe a dominé de sa ligne de fond de court (seulement sept excursions au filet) et capitalisé sur les 32 fautes directes adverses.
A 24 ans, il effectue une saison vertigineuse avec 60 victoires (dont 41 consécutives pour entamer l'année), 2 défaites (dont 1 sur abandon, à Cincinnati), 9 titres (dont 2 Grand Chelem et 5 Masters 1000, un record). Le Serbe est entrain, incontestablement, de marquer tous les esprits. Ses futurs adversaires n’ont qu’à bien se tenir.
Il vise un 3e titre majeur
A New York, il vise son 3e titre du Grand Chelem de l'année, performance réussie par Rafael Nadal (2010), Roger Federer (2007, 2006, 2004) et seulement trois autres joueurs dans l'ère Open (Rod Laver, Jimmy Connors, Mats Wilander).
Finaliste à Flushing Meadows en 2007 et 2010, il est sur une voie royale avec un tableau dégagé jusqu'en demi-finale (contre Federer?) et ne s'est pas trop fatigué jusqu'à présent: il a perdu un jeu au 1er tour avec l'abandon au bout de 44 min (6-0, 5-1) du qualifié Irlandais Conor Niland (199e mondial) puis n'avait laissé que deux jeux à l'Argentin Carlos Berlocq au 2e tour.
« Djoko » ne s'est toutefois pas montré emballé par sa prestation contre Davydenko: "Il y a eu des hauts et des bas. C'était mon premier test du tournoi, j'ai été trop défensif au début mais j'ai su m'ajuster avec deux breaks au bon moments aux deux premiers sets et une bonne troisième manche".
Bobos à gogo à Flushing Meadows
Cette année, c'est bobos à gogo à l'US Open: avec quatorze abandons avant même la fin de la première semaine, l'édition 2011 a d'ores et déjà établi un record du genre pour un Grand Chelem de l'ère Open.
Le précédent record était "détenu" par l'édition 2008 de Wimbledon avec douze abandons pour toute la quinzaine.
Il reste une semaine de compétition à Flushing Meadows et ce chiffre (auquel il convient d'ajouter quatre forfaits) est peut-être appelé à augmenter: l'Allemande Andrea Petkovic (N.9) poursuit ainsi sa route avec une déchirure à un ménisque.
Pourquoi New York cette année? "Je pense que c"est un concours de circonstances qui arrive ici sans doute parce que c'est le dernier Grand Chelem de l'année et qu'il y a huit mois de compétition intense derrière", estime Patrick Mouratoglou, directeur de l'Académie du même nom.
"A l'US Open, on tombe sur des joueurs qui traînent déjà des blessures depuis un moment. J'ai l'impression que c'est tous les ans un peu pareil", estime pour sa part Gilles Simon, 12e mondial.
Un circuit de plus en plus exigeant
Mais Michel Franco, le kiné d'un autre joueur français, Jo-Wilfried Tsonga, voit dans ces chiffres les conséquences d'un circuit de plus en plus exigeant.
"Le circuit est anti-physiologique, explique-t-il à l'AFP. Les gars ont un nombre de tournois incalculable et ce ne sont pas des machines de guerre. La nature reprend ses droits. Le corps a ses raisons que le tennis ne connaît pas. L'US Open, c'est juste la goutte qui fait déborder le vase mais les contraintes commencent bien avant. Et il y a un moment où ça pète !"
Michel Franco n'est du coup pas surpris de voir les blessures se multiplier. "Je pense que le tennis évolue, ça va de plus en plus vite, il faut frapper de plus en plus fort. Chacun cherche à hausser son niveau. Certains en ont les moyens et d'autres pas. Il y a des signes avant-coureurs qu’il faut savoir interpréter et auxquels il faut répondre. Et ce n’est pas toujours le cas."
Julien Benneteau, lui, pointe du doigt les fréquents changements de balles sur le circuit: "C'est toutes les semaines, ça devient problématique. Cela peut entraîner des problèmes au coude, à l'épaule, des trucs lourds".
"Cela n'est pas normal qu'on joue avec des balles différentes à l'US Open que lors des semaines précédentes", juge d'ailleurs Mouratoglou.
Une surface traumatisante
Gilles Simon assure de son côté que le ciment de New York contribue aussi au problème: "La surface est traumatisante. C'est vrai qu'à Miami par exemple c'est la même, mais le tournoi a lieu plus tôt dans la saison (mars) alors ça se passe mieux."
L'ex N.1 mondial Roger Federer se montre assez surpris par les statistiques: "Peut être ces joueurs ont- ils trop joué les semaines précédentes ou alors ils ont continué à jouer même sils étaient déjà blessés? J'avoue que je suis choqué de voir autant d'abandons."
A l'instar de la WTA, qui a réduit sa saison en 2009, l'ATP Tour s'achèvera deux semaines plus tôt en 2012 pour offrir aux joueurs une intersaison plus longue. Un petit mieux qui ne résoudra pas tout le problème. "L'intensité sera la même, si ce n'est supérieure", estime ainsi le N.1 mondial Novak Djokovic.
Source : AFP



