JSA : Après l’échec de nos sélections

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Après l’échec de nos sélections

Une véritable politique sportive existe-t-elle en Algérie ?

Lamentable et inacceptable, c’est le moins que l’on puisse dire de la triste déconvenue de nos athlètes lors de la 12ème édition des Jeux arabes abritée par le Qatar du 9 au 23 décembre 2011.

Une récolte de médailles bien maigre, voire dérisoire et insignifiante qui explique clairement le niveau faible de nos représentants dans pratiquement toutes les disciplines où ils étaient engagés.

Cette déroute alarmante de nos sportifs nous laissent perplexes et nous incitent à réagir pour connaître les raisons de cet échec cinglant dans une manifestation, laquelle pourtant n’était pas d’un niveau relevé. Que s’est-il passé exactement et pourquoi justement les choses n’ont-elles pas évolué comme prévu ? Je précise «comme prévu», puisque les objectifs tracés par les différentes fédérations n’ont pas été du tout atteints. Le nombre de médailles d’or fixé au préalable était trente. Finalement, on s’est contenté de la moitié du chiffre annoncé, ce qui nous place derrière 5 nations à savoir, l’Egypte, la Tunisie, le Maroc mais aussi le Qatar 4e, et même l’Arabie Saoudite si l’on tient compte du nombre total de médailles.

Cette position au classement général est inadmissible pour une nation comme l’Algérie qui, il y a quelques années, dominait ses adversaires, notamment dans certaines disciplines où elle se montrait imbattable. Plus grave encore, un seul athlète, en l’occurrence le nageur tunisien Oussama Mellouli, a presque, à lui seul, autant de médailles d’or (13) que toute la moisson de la délégation algérienne. Même la petite délégation d’une petite nation comme Djibouti a réussi à décrocher une médaille d’or.

Comment peut-on expliquer cette régression, cette chute libre qui est difficile à accepter ? A ce sujet, peut-on reprocher quelque chose ou blâmer les athlètes pour ces contre-performances ? La réponse est sans hésitation, non. Pourquoi non ? Car le choix de ces athlètes relève de la compétence des entraîneurs mais aussi des fédérations qui en sont les principaux responsables. En effet, comment peut-on engager un athlète qui n’est pas en mesure de représenter dignement les couleurs du pays ou qui, tout simplement, n’a pas les qualités requises pour accéder au podium ? Plus grave encore, c’est que même dans les sports tels que le judo, l’athlétisme, la boxe et le cyclisme, où l’Algérie devait normalement récolter un nombre considérable de médailles, elle a fait preuve d’une faiblesse déconcertante, aves des représentants loin d’être à la hauteur.

Prenons l’exemple du judo, deux médailles d’or seulement alors que la Tunisie et le Maroc ont en eu quatre chacun. Une médaille d’or en natation, trois en athlétisme, une en hand-ball filles et deux aux jeux d’échec. Alors qu’en boxe on est passé à côté du sujet. La raison de cet échec, certains l’expliquent également par le manque de moyens (infrastructurels surtout). Il est vrai, que l’athlète ne peut progresser si les moyens adéquats ne sont pas réunis.

A ce sujet, je n’arrive toujours pas à expliquer ce manque flagrant d’infrastructures qui persiste dans notre pays pourtant capable de mettre à la disposition de cette jeunesse et cet énorme potentiel les moyens les plus appropriés.

Aussi, les querelles répétées entre dirigeants, entraîneurs et joueurs enveniment leurs relations. D’ailleurs, les conséquences de tous ces conflits sont on ne peut plus désolantes : de piètres prestations, voire tout simplement des débâcles lors des rendez-vous internationaux. Tout un chacun, qui s’intéresse aux résultats sportifs de nos athlètes, a beaucoup de choses importantes à dire sur le malaise continu qui secoue le sport algérien depuis quelques années.

Rien ne peut se cacher et les vérités sont tôt ou tard connues après des débâcles. En football, par exemple, mis à part la qualification à la dernière Coupe du Monde (l’arbre qui cache la forêt) on n’arrive plus à se distinguer.

La preuve, est cette récente élimination des Jeux Olympiques de Londres 2012 et la non participation à la Coupe d’Afrique des Nations de janvier 2012.

Nos clubs sont loin de rivaliser avec leurs adversaires africains, alors que nos voisins marocains et tunisiens ont participé aux finales des deux dernières compétitions africaines.

Je préfère m’arrêter à cet exemple, car la liste est vraiment longue.

Donc, de grâce Messieurs les gestionnaires du sport, cessez de minimiser les mauvais résultats enregistrés dans les différentes compétitions internationales et essayez de trouver des solutions durables, notamment en mettant en place une véritable politique sportive, laquelle n’existe pas pour le moment, pour pouvoir réaliser des résultats probants lors des prochains rendez-vous, car jusque-là, les véritables décisions de changement qui s’imposent n’ont pas été prises.

Abdelkader Cheniouni

Journaliste à Al Jazeera Sports

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