Judo : Sonia Asselah sauve la face avec de l’or
- Mercredi, 14 Décembre 2011
12es jeux sportifs arabes de Doha (Qatar)
Sonia Asselah sauve la face avec de l’or
Trois médailles d’or à Doha contre cinq en 2007 au Caire. Le constat est vite fait pour le judo algérien qui vient de prendre part à la douzième édition des Jeux sportifs arabes de Doha.
Ce n’est pas être subjectif que de dire que les judokas algériens ont vraiment raté leur sortie dans la troisième et dernière journée consacrée aux épreuves de judo de la douzième édition des Jeux sportifs arabes qui ont pris fin lundi après-midi au Qatar sport club de Doha. C’est le moins que l’on puisse dire des résultats de nos représentants dans cette compétition arabe qui a pris, grâce aux efforts déployés par les organisateurs locaux dans tous les domaines, une tout autre dimension que celle des éditions précédentes, et ce, sans chauvinisme aucun, sauf celle d’Alger où notre pays a été à la hauteur des responsabilités qui étaient les siennes en l’occurrence.
Une lente régression
Comme la journée précédente, nos judokas n’ont pas été conquérants comme cela fut le cas lors de l’édition du Caire, Egypte 2007, où ils ont pu glaner 15 médailles (5or, 6 argent, 4 bronze). Les choses ne se sont pas passées comme souhaitées à Doha. A vrai dire, la lente régression du judo algérien n’a pas commencé lors de ces joutes qataries seulement, mais bien avant. En effet, et pour bien comprendre la situation, il faut remonter au début du cycle olympique en cours. Faute de projet, le judo national ne s’est pas mis à niveau des nouveautés de la discipline. Conséquences de cet état de fait? Un recul tant sur le plan du développement de la discipline que dans la production de la performance sportive internationale et mondiale. De plus en plus, le judo algérien perd de l’espace au profit de pays qui ne sont pas forcément bien mieux lotis en moyens humains et matériels. Lorsqu’un judoka de statut international n’arrive pas à passer avec succès l’épreuve de la balance dans une compétition importante, il y a de quoi s’inquiéter sérieusement.
Trois titres contre cinq en 2007
C’est un indicateur qui montre qu’il n’existe pas de sérieux dans ce que nous entreprenons et que la préparation de nos judokas n’obéit pas à une démarche méthodique, incontournable aujourd’hui dans le sport de haut niveau.
Lorsqu’on bricole, le résultat ne peut être qu’occasionnel ou infime, comme ce fut le cas ces dernières années, et cette fois aussi aux Jeux sportifs arabes de Doha. Avec trois titres remportés sur les 16 mis en jeux, la récolte du judo algérien peut être estimée bien maigre.
L’ultime journée de compétition
Lors de l’ultime journée des compétitions de judo, celle de lundi, la sélection nationale a remporté une médaille d’or, œuvre de Sonia Asselah, laquelle s’est rebiffée en remportant la catégorie de poids suprême dans ce sport, l’Open. Sonia était déjà détentrice d’une médaille d’argent remportée en ouverture dans sa catégorie de prédilection des plus de 78 kg. C’est une athlète qui mérite sa consécration.
La petite forme de Soraya Haddad
Toujours au compte de la dernière journée, trois autres médailles furent également glanées par nos représentants. Elles sont à porter à l’actif de Sabrina Saïdi (48 kg), Lies Saker (60 kg), qui décrochèrent l’argent, et de Soraya Haddad, l’étonnante battue, qui s’est contentée d’une médaille de bronze. Une simple médaille de bronze dans son cas alors que tout le monde attendait l’or et rien d’autre, ou presque.
Lors de ces Jeux sportifs arabes de Doha, Soraya est passée complètement à côté de son sujet, se faisant sortir dès le premier tour de la catégorie des 52 kg par une jeune tunisienne de 17 ans, Hela Ayari. Le sport est ainsi fait. Il est imprévisible et c’est d’ailleurs tout son charme, sinon ce n’est plus du sport. Personne ne pouvait imaginer un pareil scenario. Que s’est-il donc passé ? On le saura peut-être au retour de la délégation à Alger.
Dans cette compétition, il faut relever que notre pays est arrivé à totaliser 15 médailles (3 or, 6 argent, 6 bronze) qui le placent au troisième rang dans le classement des médailles remportées par nation. Ce sont nos voisins tunisiens qui se placent en tête du classement avec un total de 13 médailles mais de couleurs meilleures (5 or, 3 argent, 5 bronze). En troisième loge, nous retrouvons l’autre voisin, le Maroc, avec 15 médailles (5 or, 2 argent, 8 bronze). Djibouti, l’Irak et la Libye ont obtenu une médaille de bronze chacun.
Les dames peu nombreuses
Au compte de la participation, il faut noter que 108 judokas (76 messieurs, 32 dames) venus de 18 pays ont formé les tableaux en lice. Un point cependant est à relever, c’est la faiblesse de la représentation féminine. Il a fallu de peu pour que certaines catégories de poids soient tout simplement retirées de la compétition faute de participantes.
Tableau final des médailles
Pays Or Argent Bronze Total
Tunisie 05 03 05 13
Maroc 05 02 08 15
Algérie 03 06 06 15
Egypte 02 02 01 05
Yémen 01 00 04 05
Koweït 00 02 04 06
Liban 00 01 03 04
Qatar 00 00 02 02
Djibouti 00 00 01 01
Irak 00 00 01 01
Libye 00 00 01 01
Les champions arabes 2011
Messieurs
60 kg : Ali Khousrof (Yémen)
66 kg : Aoussem Khalfaoui (Tunisie)
73 kg : Hussein Hafez (Egypte)
81 kg : Safouane Attaf (Maroc)
90 kg : Amar Benyekhlef (Algérie)
100 kg: Mahmoud Gaballah (Egypte)
+100 kg: El Mahdi Malki (Maroc)
Open : Faiçal Djaballah (Tunisie)
Dames
48 kg: Amani El Khalfaoui (Tunisie)
52 kg : Hanane Kerroumi (Maroc)
57 kg : Meriem Moussa (Algérie)
63 kg: Rizlem Kaida Zouak (Maroc)
70 kg: Assma Niang (Maroc)
78 kg: Hana Mereghni (Tunisie)
+78 kg: Nihel Cheikh Rouhou (Tunisie)
Open : Sonia Asselah (Algérie)
Salim Boutebcha (DTN) :
« Notre sélection pouvait faire mieux"
Dans une déclaration faite à nos confrères de l’APS présents à Doha, Salim Boutebcha, directeur technique national (DTN), revient sur les résultats de ses athlètes aux Jeux sportifs arabes : « Nous avons disputé neuf finales durant les trois jours de compétition. Cette moisson aurait pu être meilleure en ajoutant au moins deux autres en or, avec un peu plus de réussite et de concentration. »
Il y a lieu de rappeler qu’à la veille du déplacement pour Doha, le staff technique national avait avancé comme objectif 4 médailles d’or. Objectif non atteint du fait de la « défection » de Soraya Haddad. Toutefois, M. Boutebcha devait souligner ensuite que « La seule satisfaction est que tous nos athlètes engagés ont été sur le podium.
L’élimination de Soraya Haddad devant une modeste judokate tunisienne de 17 ans (junior), Hela Ayari, constitue incontestablement la plus grande déception lors de ces jeux arabes. Notre athlète a déclaré à ce sujet, toujours à l’APS : « Je n’arrive pas à expliquer cette défaite. J’avoue que la forme n’a pas été présente, la carrière d’un sportif est ainsi faite. Je vais me concentrer maintenant sur les JO de Londres ».
Extraits APS



