JUDO : A propos de la qualification aux JO de Londres- 2012
- Lundi, 31 Octobre 2011
Le retard qui pénalise les nôtres
Le 30 avril 2012 sera clôturé le décompte des points ramassés par chaque athlète de tous les pays ayant pris part au moins à une compétition inscrite dans le système de compétition institué depuis 2008 par la fédération internationale de judo (FIJ). Le jeu sera ainsi fait et les heureux qualifiés aux JO de Londres 2012 seront définitivement connus. Vingt deux judokas messieurs et quatorze judokates, les mieux classés dans la Ranking-List seront retenus directement alors que d’autres seront retenus quant à eux sur des quotas réservés pour chaque continent en guise de représentation de qualité qui vise également la participation d’un maximum de pays aux jeux.
L’excellence sportive et l’esprit olympique côte à côte
L’excellence sportive et l’esprit de Coubertin seront ainsi au rendez vous. Cent onze pays seront concernés par les jeux Londoniens. Pour le continent africain, quatorze judokas messieurs et dix dames complétera l’effectif global de l’épreuve de judo qui en comptera 366 athlètes participants pour toutes les catégories de poids confondues. Le challenge s’annonce dur, très dur même, surtout lorsqu’on sait qu’un seul athlète sera retenu par nation et par catégorie de poids.
A quelques mois de l’ouverture des jeux, les calculs, les craintes, l’affolement et les espoirs vont bon train et c’est souvent en cette période ou l’on se rend compte pour les nations à la traine notamment des chances qui leurs sont offertes. Pourtant, ce n’est pas aujourd’hui que les règles du jeu sont révélées. Les ignorer après les avoir acceptées et subies lors de différentes compétitions internationales passées, c’est comme être « Hors jeu » ou alors faire semblant de ne pas être du tout dans le coup d’une évolution du judo d’élite mondial pratiquement connue. C’est le cas des responsables du judo algériens qui trouvent que la Ranking-list est pénalisante et qu’elle n’est pas faite pour arranger les affaires des judokas algériens qui se trouvent ainsi lésés.
Les choses se compliquent pour les nôtres
Difficile sera la qualification diront les responsables du judo algerien car nos judokas n’ont plus de techniques et que les gestes techniques qu’ils utilisaient durant leur épopée fructueuse, il y a quelques années ne sont plus de vigueur. C’est vrai. Mais qu’a-t-on fait depuis trois années pour outiller nos judokas et les préparer aux nouveaux défis ? Rien. Quand notre championne Soraya Haddad continue de perdre ses combats sur des pénalités, il y a de quoi s’inquiéter.
Le problème en fait réside dans une mauvaise prise en charge technique de nos élites. Le judo a changé et nous pas. Le retard cumulé est grand. L’Egypte, la Tunisie et le Maroc, nos rivaux africains s’en sort mieux.
Combien de fois, sur ces mêmes colonnes nous avons attiré l’attention de la nécessité de revoir des choses de la planification de l’entrainement et qu’il y a urgence de gommer les anciennes reflexes techniques de nos judokas d’élite pour les remplacer par d’autres qui sont d’actualités.
Tout au début du cycle olympique en cours, le judo d’élite algerien devait alors fonctionner à deux vitesses, celle du haut niveau et celle des jeunes espoirs que l’on doit préparer pour les échéances sportives futures dont les jeux olympiques 2016 de Rio notamment. Pour les JO 2012, seules cinq judokas avaient le profil pour faire le jeu dans un monde sportif de haut niveau devenu rude, intense et dont les places sont désormais chères à prendre. Pour prétendre à une place au soleil, le judoka doit s’entrainer plus et mieux. Ces judokas algériens en mesure de faire quelque chose sont dans l’ordre Amar Bneyhekhlef, Soraya Haddad, Abderrahmane Benemadi, Moussa Meriem et à un degré moindre Lies Bouyacoub.
Pour eux un encadrement et un programme de préparation particulier devait être fait tout au début du cycle olympique en cours.
Trop de retard cumulé
Il n’en fut rien. Pendant longtemps les judokas de nos équipes nationales anciens et jeunes sont regroupées ensemble et subis une même programmation de préparation sportive. Tous dans un même sac alors que les exigences de la performance sont différents entre les uns ( du haut niveau) et les autres.( les jeunes espoirs en devenir).
Les corrections apportées par la suite n’ont pas été salutaires car le retard cumulé fut grand.
Mis dans le bain d’un circuit professionnel sans préparation idoine qu’il faut, nos judokas sont essoufflés et souvent blessés. Les résultats sportifs internationaux qui ont suivi le prouvent. Le judo algerien n’est plus cette discipline sportive rayonnante. Depuis 2008, la courbe de performance du judo algerien va en s’inclinant. Quelles sont les raisons ? ll y a absence de sérieux. Il y a aussi une mauvaise maitrise de la gestion des affaires du judo algerien celui de l’élite particulièrement. Sport national de premier ordre, reconnu d’intérêt général et publique par le ministre de la jeunesse et des sport et doté de moyens importants (comparativement à un passé récent) le judo national n’arrive plus à retrouver ses marques. Il n’existe pas un véritable état des lieux, ni un système fiable de compétition de la discipline. Le développement et la formation des ressources humaines d’encadrement technique n’est plus de mise. Idem pour l’animation sportive qui n’est plus à niveau des changements que connait le judo dans le monde.
5 mille licenciés seulement
Les résultats sportifs partent et reviennent, c’est une évidence du sport, mais qu’a-t-on entrepris de sérieux en matière d’essor ? Rien, absolument rien et les chiffres sont là pour le prouver. Le judo recul. Il compte seulement 5 milles licenciés à travers tout le territoire national.
Le judo algérien navigue à vue Dans ce cas, il ne faut surtout pas affirmer que le classement mondial, dont l’annonce a été faite officiellement en 2007, est défavorable pour les judokas algériens car fait sans nous. Il faut admettre que beaucoup de retard a été enregistré. Le problème réside en effet dans l’intelligence et la patience qu’il faut pour aller vers un projet du judo algérien qui doit prendre le départ dans les clubs qui forment son socle le plus solide. Un enseignement homogénéisé devrait être l’outil essentiel du redressement souhaité.
Dire aussi que la ranking-list n’est pas faite pour arranger les nôtres, c’est également confirmer que l’organe directeur de notre judo se trouve fort limité dans la façon de voir le judo de demain. Méthode d’éducations par excellence et sport olympique de premier ordre le judo débute sa mue et il en train de vivre des moments de mutation très significatifs.
Le monde du judo change. Nous devons absolument nous adapter à la mouvance. Sinon….



