Judo - 30es Championnats du monde à Tokyo (Japon) Ils sont venus, ils sont tous là
- Mercredi, 08 Septembre 2010
Demain, s’ouvriront à Tokyo les 30es Championnats du monde individuels seniors de judo, en messieurs et dames, y compris le «toute catégorie» (Open).
Ils auront pour théâtre de déroulement le premier gymnase de Yoyogi national stadium de Tokyo, la capitale japonaise. Plus de 700 judokas venus de différents horizons de la planète y seront au rendez-vous. Avec l’augmentation du nombre de judokas engagés, deux par catégorie de poids et de sexe, contre un seul précédemment, soit une première dans les annales des Championnats du monde, les tableaux en lice seront largement fournis, pas seulement en nombre mais aussi en qualité. Ils sont venus, ils sont tous là, les judokas formant la crème du judo mondial. Japonais, Français, Coréens, Russes, Brésiliens et autres vont animer la scène, qui sera pleine de sensations fortes. A quelques heures de l’entame de ce rendez-vous sportif planétaire, la pression monte et les prétentions fusent. Les Japonais, qui évoluent chez eux, partent largement favoris dans le décompte final. Ils l’ont d’ailleurs déjà prouvé, notamment ces deux dernières années chez les féminines. Il faut dire aussi que les nouvelles règles d’arbitrage introduites par la Fédération internationale de judo (FIJ) au début du présent cycle olympique sont favorables aux Nippons.
Par Mustapha Mabed
Retour du judo technique
Le judo technique et spectaculaire est de retour. Or, c’est dans cette conception de la discipline que les Japonais excellent le mieux. Au Japon, on a toujours donné plus d’importance à la culture technique qu’aux autres qualités, dont la condition physique.
Lorsque Jigoro Kano avait conçu le judo, il avait fait en sorte que les règles de compétition qu’il avait établies favorisent la recherche technico-tactique et l’usage de l’intelligente pratique durant le combat. «Tu me pousses, je te tire, tu me tires, je te pousse». Ce principe clé du judo a, depuis, perdu du terrain. La recherche sans cesse du résultat a tout pris au détriment de l’art - le judo c’est aussi cela -, et a fini par dénaturer la pratique de ce sport. Résultat : le judo s’est retrouvé ainsi confondu aux autres sports de combat, pourtant différents de lui, subissant notamment une grande influence de la part des luttes habillées locales. Aux championnats du monde de cette année, il s’agira de redonner à ce sport noble sa raison d’être, celle de méthode d’éducation au sens le plus large du terme. Assurément, ces Mondiaux nippons seront différents des autres, puisqu’ils s’inscrivent dans la consolidation du retour aux sources. D’ailleurs, force est de constater que, jusqu'à l’heure actuelle, la discipline n’a pas cessé de gagner du terrain.
Sa force : les nombreux enfants qui le pratiquent
Ils sont de plus en plus nombreux dans le monde les disciples, dont une fraction importante est composée d’enfants, qui adhèrent naturellement à cette pratique sportive née au Japon.
Depuis la mise en place d’un nouveau système de compétition, largement plus fourni en tournois mondiaux et internationaux variés et ouverts à tous, le judo rayonne et les medias s’intéressent de plus en plus au produit-judo, un sport qui n’est pas resté figé, mais qui s’est plutôt adapté à l’évolution. C’est ainsi que les judokas s’entraînent plus et mieux et prennent part aussi à un circuit professionnel. Ils gagnent de l’argent, mais aussi des points dans la perspective d’une qualification aux prochains Jeux Olympiques de Londres 2012.
Cependant, un fait inquiétant, il s’agit du devenir des petites nations, incapables désormais de faire le jeu dans les joutes mondiales, qui nécessitent beaucoup de moyens et une préparation de haut niveau non-stop.
Les contraintes de l’Afrique
L’Afrique est la plus touchée par ce phénomène. Les derniers Championnats d’Afrique seniors et juniors organisés au Cameroun et au Sénégal ont montré les grandes difficultés éprouvées par les nations organisatrices en matière de prise en charge de ces deux événements. Les petites nations du judo ont besoin de soutien logistique et financier, mais aussi et surtout de formation des ressources humaines pour les mettre à niveau de l’évolution que connaît la discipline à travers le monde. La FIJ, que préside Marius Vizer, s’y est mise déjà. Cependant, s’il est vrai que des efforts dans ce sens sont consentis, il n’en demeure pas moins qu’ils sont loin d’être suffisants. La bonne santé financière de l’instance mondiale du judo, résultat en grande partie des droits de retransmission télévisuelle des grands moments du judo international, droits qui génèrent de plus en plus de ressources financières, impose un meilleur soutien aux nations en besoin d’essor.
L’intérêt de la discipline prime
A Tokyo, pays qui vu naître le judo, le développement de cde sport dans le monde sera sans toute au centre des intérêts. Tous les ingrédients sont en effet réunis pour faire de ces championnats un tremplin salutaire pour un sport qui s’impose et s’imposera mieux à l’avenir. Les derniers Jeux Olympiques de la Jeunesse de Singapour ont montré, par la qualité des combats produits par les jeunes et le nombre de pays participants, que le judo est véritablement une méthode d’éducation appelée encore à prendre de l’allure à l’avenir.
Pour en revenir au déroulement de ces championnats de Tokyo, les nôtres seront en lice dès demain, avec l’entrée en lice de Hacène Azzoune, qui concourra chez les 100kg. Vendredi, ce sera au tour de Amar Benyakhlef et Liès Bouyacoub, engagés avec les 90kg. Samedi, Mustapha Boulemia en fera de même chez les 73kg. Enfin, dimanche et avant-dernière journée, qui précède celle de la clôture de la compétition, réservée au «toute catégorie», place sera donnée à Soraya Haddad et Meriem Moussa, qui feront leur apparition en 52kg.
Les pronostics algériens
En matière de pronostics, les camarades à Amar Benyekhlef tablent sur une 9e place, voire une septième dans certaines catégories. Ainsi, comme on peut le constater, en dépit des moyens importants mis à leur disposition par l’Etat, les judokas algériens sont en manque de préparation et de compétition pour pareil événement, au point où ils se retrouvent au Japon pour seulement essayer de faire de leur mieux, de sauver les meubles est-on tenté de dire. A ce manque de prise en charge sérieuse, il faut ajouter le fait que, au moment où les autres nations s’étaient attelées à mettre la pratique de ce sport à niveau de l’évolution qu’elle connaît dans le monde, une certaine année 2008, notre judo a marqué une période de latence qui perdure encore. Le recul du judo algérien est la résultante d’une absence de courage pour aller à l’essentiel, c'est-à-dire adopter une démarche cohérente qui mette en osmose tous les moyens et les efforts consentis tant au sein des clubs, qu’aux niveaux des ligues et de la Fédération.



