Judo- Mohamed Tahir (ancien international et kinésithérapeute) :

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«Prêt à apporter mon aide»

Malgré ses quelques kilogrammes de plus, conséquence des années d’inactivité depuis qu’il a cessé la pratique du haut niveau, sa carrure et son allure sportive sont restées intactes. Une belle silhouette et un corps imposant. Notre interlocuteur est courtois et d’une gentillesse à toute épreuve. Mohamed Tahir, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a 46 ans et est chef de famille. Ancien judoka international, il a été vice champion individuel et champion d’Afrique par équipe. L’homme est résolu. Comme pour lancer un appel, il dira d’emblée «être prêt à venir en aide aux équipes nationales si, bien entendu, on vient à faire appel à moi».

Notre champion ne recherche pas un poste technique mais celui de soigneur. C’est une chance pour le judo algérien de disposer de pareilles ressources humaines. Ce n’est pas toujours le cas de trouver un judoka champion et qui, de surcroît, exerce le métier de kinésithérapeute. Mohamed Tahir est maître de stage et spécialiste en chirurgie thoracique et cardio-vasculaire. En plus d’une autre spécialisation, en réanimation médicale cette fois.

Eclairé sur le sujet et convaincu de pouvoir apporter un plus à l’essor de la discipline, il nous dira : «De nos jours, le sport de haut niveau ne peut se passer d’un accompagnement en médecine du sport. Le volume et l’intensité de l’entraînement, devenu plus rigoureux, et la recherche sans cesse de l’excellence sportive exigent un accompagnement médico-sportif constant.»

Par Mustapha Mabed

 

La nécessité  d’un bon kiné

En effet, on se rend compte sur le terrain, lorsqu’un athlète est blessé, de la nécessité d’un bon diagnostic de la part du médecin mais aussi et surtout de la présence d’un soigneur émérite, capable de remettre vite et bien dans le bain de la compétition le sportif blessé. Il est donc certain, qu’un bon kiné reste incontournable dans la quête de la production de la performance sportive.

Comment notre interlocuteur vit-il son sport préféré depuis qu’il a décidé de raccrocher en 2000 ?

Mohamed Tahir, qui était venu à la discipline dès l’âge de 10 ans, à l’école de judo de l’ancien club de la mairie d’Alger (ASMA), sous la houlette de Abdelahamid Laoued, avoue : «A vrai dire, je ne vis pas pleinement le judo comme avant, mais le lien n’est pas rompu. On ne peut pas oublier un sport qu’on a pratiqué presque toute une vie. Je suis constamment informé de l’actualité du judo. Je sais par exemple que nos judokas vont prendre part dans quelques jours aux Championnats du monde. Je sais aussi que les championnats de cette année seront durs et qu-il y aura très peu de chances pour les petites nations de se mettre en valeur au Japon.»

 

L’Algérie a prouvé sa valeur

 

L’Algérie est-elle une petite nation de judo ? «Non, répond-il, le judo algérien a prouvé sa valeur avec les médailles mondiales et olympiques de Abderrahmane Benamadi, Amar Benyekhlef et Soraya Haddad. Le judo national recèle énormément de possibilités pour pouvoir faire bien mieux les années à venir. Nous disposons de jeunes prédisposés et à même de relever les défis futurs. Nous avons aussi un encadrement technique et administratif formé et en mesure de gérer et d’animer la discipline. Une seule condition pour parvenir à cet objectif : créer des espaces d’entraide et de réflexion commune afin de trouver des solutions pour un véritable essor.» Même s’il n’a pas une grande expérience en matière de gestion du sport, notre interlocuteur fait allusion aux efforts qui sont consentis tous les jours sur le terrain un peu partout, au sein des ligues, des clubs et à la Fédération, mais qui ne se complètent pas malheureusement faute d’une politique- judo connue de tous les opérateurs.

 

Ce que le judo lui a apporté

 

Quels avantages a-t-il tiré de sa vingtaine d’année de pratique ? «Que de bons souvenirs, d’it-il. J’ai connu beaucoup d’amis. Le judo m’a énormément donné, notamment de la santé et de l’assurance. Enfant chouchouté, j’étais souvent battu par mes camarades à l’école, au quartier. Mon père, en colère contre moi, m’inscrivit alors dans un club de judo. Dès lors, j’ai pris confiance en moi. Le judo à grandement contribué à me forger une personnalité. C’est un sport magique, je le conseille à tout le monde.»

 

Son modèle de judoka

 

Quel judoka a marqué son esprit ? Sans hésiter, il répond : «Le Français David Douillet. C’est un bon judoka. Il excelle aussi par ses qualités humaines. Il n’est pas raciste et doté d’une vaste culture générale.  Pour moi, il incarne le profil du parfait judoka. En plus de tout cela, c’est l’un des plus grands judokas que la discipline ait connus dans son histoire.»

En guise de reconnaissance, Mohamed Tahir ne manquera pas de rendre hommage à ses entraîneurs qui ont eu à l’encadrer durant son exemplaire carrière sportive. Outre Hamid Laoued, l citera également Ahmed Moussa et Mouloud Halliche. Avec ces deux derniers techniciens, Mohamed Tahir était parvenu, sous les couleurs de l’ancien Mouloudia d’Alger (MCA), à glaner plusieurs titres de champion d’Algérie, aussi bien par équipe qu’en individuel.

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