Judo - Première participation algérienne à des Mondiaux

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Ahmed Hifri et Fodil Goumrassa racontent …

Les Mondiaux de judo auront lieu du 9 au 13 septembre à Tokyo (Japon). C’est un événement forcément très attendu par les meilleurs judokas de la planète.

Avant le jour J, et après la rétrospective publiée dans nos deux dernières éditions, il nous a semblé utile de rappeler à nos lecteurs ce que fut la première participation algérienne à ce niveau de la compétition.

Mais d’abord, il ne faut pas oublier que durant l’occupation française, la pratique du judo était interdite aux Algériens, traités alors, de manière péjorative, «d’indigènes». Pour la France coloniale, permettre aux autochtones de s’adonner au judo représentait un réel danger. Une fois l’indépendance nationale retrouvée, après une terrible et sanglante lutte de libération, naissait alors la première Fédération algérienne de judo (FAJDA), qui avait aussi à charge les autres arts martiaux pratiqués dans notre pays. Après quelques années de structuration, d’organisation et de développement de la pratique à travers notre territoire,  ponctuées de participations internationales à l’échelle régionale et continentale, l’Algérie du judo participe pour la première fois de son histoire à des Championnats du monde. C’était en 1973, à l’occasion des Mondiaux de Lausanne, en Suisse.

Des débuts prometteurs

«Un fait inédit à l’époque. On avait l’impression de nous rendre sur la planète Mars. Face à l’inconnu, nous avions certes le trac, mais il y avait aussi cette volonté d’affirmation qui nous animait pour réussir un bon championnat», dira d’emblée Fodil  Goumrassa, un des plus brillants judokas que l’Algérie ait enfanté. Ce dernier en effet, avec son fameux Tai Otoshi (renversement du corps par les bras), dont il maîtrisait parfaitement les détails, faisait des ravages sur les tatamis algériens. Lors du premier stage effectué par les nationaux au Japon, l’année 1975, il était un des rares Algériens à avoir tenu tête aux Nippons, notamment au grand champion du monde de l’époque, Shozo Fuji.

«Nous avions la jeunesse et le talent voulu, mais nous manquions de l’expérience qu’il fallait pour nous imposer dans le haut niveau», explique Fodil Goumrassa, qui ne manquera pas aussi de rendre hommage aux entraîneurs de qualité que furent les regrettés Rachid Ouarab et Seiji Nakamoura, qui avaient été d’un grand apport au judo algérien dans son essor. Tous deux ont eu à entraîner : le premier en club et le second en Equipe Nationale, durant les années 70.

Tahar Abbad et Fodil Goumrassa font sensation

 

Autre témoignage : «L’Equipe Nationale, constituée alors de jeunes, était la révélation de ces championnats. Abbad Tahar, qui passa trois tours, ne s’est incliné que de justesse en demi-finale, face au Français Jean Luc Rougé, devenu quelques années plus tard le premier champion du monde que la France ait connu. Il y a aussi Fodil Goumrassa, qui a gagné un tour avant de s’incliner lui aussi par décision de l’arbitre face au yougoslave Obadov, classé également de niveau mondial. Les autres judokas engagés ont tous fait honneur au pays. Après cette bonne prestation, notre pays a reçu des félicitations de la Fédération internationale de judo et de la délégation japonaise présente à ces Mondiaux. C’était pour nous un signe d’encouragement qui nous a permis d’aller de l’avant», révèle  Ahmed Hifri, qui était alors entraîneur et directeur technique national.

Ahmed Hifri invité à l’université de Tenri (Japon)

 

Le Maître Ahmed Hifri est l’un des premiers cadres algériens à avoir longuement séjourné au Japon pour des besoins de formation. Il sera d’ailleurs par la suite l’invité de marque de l’université de judo de Tenri. C’était avec l’Equipe Nationale, conduite alors par le président de la Fédération algérienne de judo et disciplines assimilées (FAJDA), Rabah Achour, et son secrétaire général, Kamel Khaled Khodja. L’EN comptait sept judokas qui avaient défendu les couleurs nationales dans la ville suisse de Lausanne. Il est de notre devoir de citer ses pionniers : Ahmed Moussa, Hamid Ouaret, Mouloud Halliche, Tahar Abbad, Khaled Tâalba, Athmane Guerdoud et Fodil Goumrassa.

 

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