Judo - Les Championnats du monde en question (1ère partie)

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Rétrospective des faits saillants

Les Championnats du monde, dans leur formule individuelle, auront lieu dans quelques jours à Tokyo, au Japon, plus précisément du 09 au 13 septembre prochain.

Ce n’est pas fortuit du tout qu’ils soient organisés dans le pays qui a vu naître le judo sous l’impulsion décisive de son fondateur, Jigoro Kano. Ce n’est pas non plus un hasard  s’ils coïncident avec l’objectif visé, celui de la consolidation des réformes. Depuis plus de deux ans en effet, des réformes ont été entreprises par la Fédération internationale (FIJ) pour restituer au judo ses valeurs d’antan. C’est d’un retour aux sources dont il est question.

Il faut dire que depuis les Championnats du monde du Caire (Egypte), en 2005, et ceux de Rio de Janeiro (Brésil) 2007 qui ont suivi, le judo, qui est un sport mais aussi un art et une philosophie, a connu la plus grande altération de son histoire. Il se trouve ainsi, notamment sur le plan de  la pratique compétitive, confondu avec les luttes habillées locales. Ainsi, ce sport de combat différent des autres par la maîtrise qu’il donne au corps et à l’esprit, s’est transformé en  un sport tout court, s’éloignant de plus en plus de la méthode d’éducation qu’il incarnait.

Par Mustapha Mabed

Retour aux sources

 

Il fallait donc réparer les dégâts. Et c’est ainsi que furent décidées un grand nombre de mesures, à commencer par la révision des règles d’arbitrage. La première mesure adoptée en la matière, et qui avait été tant décriée au départ avant de finir par connaître une plus grande adhésion, concerne l’interdiction de la saisie directe d’une ou des deux jambes de l’adversaire sans préparation. A travers cette décision clé, l’objectif recherché était celui de redonner au judo sportif son côté spectaculaire, par la recherche sans cesse du point entier (ippon). C’est dans cette perspective qu’a d’ailleurs été supprimé le Koka (le plus petit avantage). L’organisation des Championnats du monde juniors à Paris (France), en 2009, avec l’introduction des nouvelles règles d’arbitrage, avait donc sonné le début du processus des réformes. Les compétitions internationales qui ont suivi ont toutes été organisées dans cet esprit.

 

Des compétitions plus techniques

 

Constat : les compétitions de judo sont devenues plus techniques et ont enregistré de plus en plus d’ippons. Les améliorations apportées dans l’organisation des manifestations sportives de judo et l’instauration d’un circuit professionnel a donné une autre dimension à la discipline, qui est devenue plus médiatisée et a vu le nombre de ses disciples dans le monde en constant progrès.

Comment donc le judo a-t-il pu ainsi, en un laps de temps aussi court, rattraper le terrain perdu et éviter ce que tout le monde craignait, à savoir la banalisation dans un environnement sportif international influencé, il faut le dire, par des visées et intérêts souvent inavoués ? C’est en cherchant à redevenir lui-même, c'est-à-dire à retrouver ses valeurs d’antan, celles-là même qui avaient fait sa force, sans pour autant perdre de vue la nécessité de s’adapter à l’incontournable évolution.

 

Un peu d’histoire

 

Revenons maintenant à l’histoire des Championnats du monde de judo et leur évolution dans le temps et l’espace,  pour comprendre la capacité de rebondissement régulier d’un sport qui a de tout temps été une attraction, une activité mythique et magique. Dès les premiers Championnats du monde organisés au Japon, en 1956, et les seconds, également au japon, en 1958, le judo avait cette particularité de mettre tout le monde dans le bain de la compétition. Faibles comme forts, ils se donnaient ainsi la réplique. Un des principes du judo consistait alors à céder pour vaincre, dans un sport où tout est mis en œuvre de sorte que l’intelligence soit constamment de mise durant le combat. Et les règles d’arbitrage de l’époque favorisaient elles aussi cela. Un point important à savoir : celui  des règles d’arbitrage qui définissent toujours la façon d’entreprendre dans le combat et les techniques qui vont avec. Lors de l’entame des joutes mondiales, le Japon gagne chez lui les deux premières éditions. Le judo sportif était alors à ses débuts.

 

Le premier champion du monde

 

Shokichi Natsu devient le premier champion du monde de l’histoire de la discipline, qui connaît un essor à travers le monde. Puis vinrent les Mondiaux de Paris (France) I961, où l’on enregistre un fait inédit : le Néerlandais Anton Geesing est le premier champion du monde hors Japon. Une autre particularité qui marque l’universalité de ce sport est celle qui consistait à voir le géant hollandais devenir quelques années après champion olympique, à l’occasion des jeux de Tokyo 1964.

Les championnats du monde 1965 de Rio de Janeiro, au Brésil, marquent un autre tournant, tout aussi significatif. Dans ce pays à forte présence nipponne en effet, notamment dans la région de Sao Paulo, le judo gagne du terrain pour pénétrer le continent sud-américain.

Plus de 2 millions de disciples au Brésil

 

L’organisation des Mondiaux à Rio a généré au Brésil l’existence aujourd’hui de plus de 2 millions de judokas, faisant que la discipline vient, sur le plan du nombre de pratiquants, en troisième place derrière le football et le volley-ball. Cette édition des Championnats du monde du pays de la samba est marquée aussi par l’évolution des catégories de poids, qui sont passées d’une catégorie ouverte (Open), à quatre catégories. Toujours dans un but promotionnel de ce sport, les Championnats du monde, qui étaient alors organisés au compte seulement des seniors messieurs, opéraient une rotation tournaient à travers le monde. C’est ainsi que l’édition 1967 a été organisée à Salt Lake City aux USA. Là encore, les catégories de poids sont passées de quatre à cinq. Le judo s’adapte de nouveau, l’entraînement étant devenu plus perfectionné. A égale valeur technique entre les deux combattants, le poids du corps devient important dans la réussite sportive. C’est la ville de Mexico (Mexique), en 1969, qui accueille les Mondiaux suivants, avant d’être relayée, en 1971, par la ville de Ludwigshafen, en ex-RFA. Rien de particulier en cette période, si ce n’est  que le judo continue son petit bonhomme de chemin pour connaître un développement de plus en plus vaste à travers le monde.

 

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