Un sport qui se conjugue aussi au féminin

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Safia Kouri (HMA) en est le parfait exemple

 Il y a, et on peut le regretter fortement, des disciplines sportives qui se complaisent dans l’anonymat. Et pourtant, les responsables d’une fédération devraient placer la communication au premier rang de leurs priorités. Ce n’est malheureusement pas souvent le cas. Pour combler cette lacune des dirigeants, nous avons tenu à porter à l’attention de nos fidèles lecteurs l’existence d’une authentique championne dont ils n’ont probablement jamais entendu parler. Ou alors si peu. Qui connaît Safia Kouri, cette championne incontestable d’un sport où l’on ne s’attend pas à trouver des filles ?  C’est la doyenne de l’équipe nationale féminine  d’haltérophilie, et la plus titrée de la discipline. Safia Kouri s’affirme magistralement dans un sport réservé, croyait-on jusqu’alors,  à la seule gente masculine. Safia démontre le contraire à chacune de ses sorties en compétition, nationales et internationales. Elle a débuté sa carrière sportive toute jeune en pratiquant d’abord l’athlétisme et de la musculation ensuite grâce à son père qui est lui-même un sportif convaincu. Et c’est en la voyant si passionnée et si déterminée  que son entraineur de musculation  lui fait découvrir l’haltérophilie en 1999. C’est le déclic et le début d’une belle carrière nationale qui débouche, grâce à son talent et sa persévérance, sur de bien belles consécrations internationales à l’occasion desquelles elle offrira à l’Algérie plusieurs médailles d’or dans les championnats d’Afrique et arabes. C’est cette championne de grand talent que nous tenions à mettre en valeur aux yeux de nos lecteurs. Elle le mérite amplement.

Sadek Belkheir

Entretien

La célébration de la journée internationale de la femme, est une occasion pour notre quotidien de faire connaître, de grandes et authentiques championnes. Cette fois, elle a pour nom, Safia Kouri, du club d’haltérophilie Himaya Madania d’Alger.

 

 «Ce n’est pas réservée uniquement à la gente masculine »

 

Présentez –vous à nos lecteurs

Je suis  âgée de 30 ans. Sociétaire de la Himaya Madania d’Alger, je fais également partie de  l’équipe nationale féminine d’haltérophilie. J’ai débuté d’abord en l’athlétisme et la musculation en minimes et cadets jusqu’en 1999,  date à laquelle  j’ai opté pour la levée de la fonte en seniors   à l’association Ibn Sina, avec Ahmed Ouadah. Au sein de cette association, j’ai participé à plusieurs championnats d’Algérie et en même temps je faisais partie de l’équipe nationale ,où j’ai eu aussi plusieurs titres et médailles  dans diverses compétitions internationales  à savoir championne d’Afrique , arabe à plusieurs reprises, Jeux africains et même  aux Jeux afro-asiatiques. Je peux dire que c’est grâce à mon entraineur  en l’occurrence  Mohamed Chérif  Benmoussa, que  j’ai acquis une certaine notoriété me permettant d’avoir un palmarès des plus éloquents. Je tiens à signaler également que c’est lui qui à fait découvrir les jeunes talents féminins qui composent actuellement l’équipe nationale d’haltérophilie qui sont en majorité originaires d’Oran.

 

Peut-on  savoir ce qui vous a poussée à pratiquer l’haltérophilie ?

La musculation et l’haltérophilie m’ont toujours passionnés .Certes d’aucuns se demandent  pourquoi une fille s’intéresse à un sport réservé aux garçons. A mon avis  il n’y a aucun sport qui impose qu’on soit une femme ou un homme  .L’haltérophilie  ne consiste pas seulement à lever de la fonte  mais c’est aussi un sport d’intelligence. Il suffit de respecter certaines techniques  pour mesurer le poids des fontes dans les bras. La force  est surtout, à mon avis, dans le moral. En somme ce n’est pas une question de travailler son corps ou de se muscler les bras,  mais c’est plutôt un défi  pour prouver aux autres qu’on est capable de donner le meilleur de nous-mêmes.

 

Pour quelle raison vous préparez-vous à Oran alors que vous êtes membre de l’ENA et de la Himaya ?

Nous sommes cinq filles, membres de l’ENA, originaires et résidentes à Oran. Et vu que la plupart des filles sont étudiantes  et d’autres pour des raisons familiales ou professionnelles, les responsables de l’équipe nationale nous facilitent les choses en nous permettant de nous préparer près de chez nous  sous la direction d’un entraîneur national. Du coup, Oran est devenue la voûte de base du pole de développement de l’haltérophilie à l’ouest. La salle où l’on se prépare est celle du palais des sports d’Oran. Elle est mise à notre disposition par l’OPOW. Malheureusement, le matériel est quelque peu dérisoire. Il n’est pas du tout conforme à notre statut d’athlètes internationales. Nous manquons de beaucoup de moyens nécessaires aux entraînements, entre autres, de simples  douches. Comme si cela ne suffisait pas, voici que l’on vient de nous faire savoir qu’un matériel tout neuf qui nous est destiné, se trouve en souffrance dans un dépôt  au stade  Zabana, et ce, depuis belle lurette sans qu’aucun responsable, à ce jour, ne daigne faire le nécessaire pour nous le livrer .C’est dire combien nous manquons de considération aux yeux de certains.

 

Et  en ce qui vous concerne, quelle est votre situation avec votre club employeur ?

Les dirigeants de la Himaya Madania d’Alger, qui me font confiance,  savent que je m’entraine sérieusement  avec l’équipe nationale. A chaque challenge national, je répondrai toujours présente.

 

Quels sont vos souhaits ?

Je souhaiterai à toutes les filles qui pratiquent cette discipline de la réussite   et surtout de la considération et des moyens  qui leur permettront de progresser. Je souhaiterai aussi  que les filles d’Oran aient plus de stages afin qu’elles ne se sentent pas marginalisées surtout pour  celles qui ont des contraintes scolaires. Je suis convaincue que le nouveau président de la fédération et ses staffs techniques et administratifs sauront être à la hauteur de nos espérances. Nous savons que ce sont des gens de métier, et grâce à leur expérience,  l’haltérophilie  pourra retrouver ses lettres de noblesse. Je tiens également à remercier de tout coeur les responsables de l’Opow d’Oran  et ceux du palais des sports pour leur disponibilité permanente. Et aux femmes en général, je dirai qu’il faut qu’elles soient courageuses, et qu’elles s’engagent dans la voie de la pratique sportive. 

                                                              Entretien réalisé par

S.B.

Palmarès  de Safia Kouri 

 

Plusieurs fois championne d’Algérie

Championnat d’Afrique Cameroun 1999 : 3médailles d’argent

Championnat arabe au Liban 2001 : 3 médailles d’or

Jeux africains Nigeria 2003 : 4e place

Championnat d’Afrique Tunisie 2004 : or 

Championnat d’Afrique Ouganda 2005 : vice championne

Championnat arabe au Yémen 2006 : 3 médailles d’or

Championnat arabe en Libye 2008 : 3  médailles or  

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