Le cross reste la chasse gardée de l’Afrique
- Lundi, 30 Mars 2009
Du talent et des qualités chez nos juniors
Ce sont les crosswomen et les crossmen des hauts plateaux africains qui ont une nouvelle fois été dominateurs des 37es Championnats du monde de cross à Amman. Plus particulièrement l'Ethiopie qui a réalisé le doublé chez les juniors, alors que la Kenyans ont réussi à tirer leur épingle du jeu grâce notamment à Florence Kiplagat, qui a remporté le titre de championne du monde juniors filles.
La jeunesse et la fraîcheur de Hadda Souadia
Pour ce qui est de la participation algérienne, il y a des satisfactions, notamment la belle prestation de la plus jeune sélectionnée en juniors filles : Hadda Souadia. Le choix de la Fédération d’athlétisme (FAA) a été judicieux et payant. A 16 ans, la championne d’Algérie cadettes a réalisé le meilleur classement algérien dans sa catégorie, 58e. Signataire du NC Bordj Bou Arréridj, Hadda Souadia connaît une progression telle qu’elle a réussi à griller les étapes pour se hisser au rang de meilleure à Amman. La vice-championne d’Algérie Nawal Yahi (67e) et la championne d’Algérie juniors en titre Nabila Sifi (71e), deux filles dont on attendait beaucoup, n’ont pu réussir que des places modestes. La cadette Nabila Chaïb-Draâ, Hassiba Bioud et Naïm Benkaddour ont couru sur le même rythme pour franchir la ligne d’arrivée, respectivement à la 86e, 87e et 88e places. Ces énormes retards individuels ont donné la 12e place par équipes à nos juniors filles.
Des juniors qui n’ont pas osé
Les prestations de nos juniors garçons n’ont pas été conformes aux attentes de la FAA. C’est le cas de le dire dans la mesure où l’équipe de cross dégringole de la 8e place (classement réalisé l’an dernier, à Edimburg) à la 12e place. Ceci, outre la 13e place décrochée par Abdelmadjed Touil en individuel. A Amman, le Champion d’Algérie à Tébessa, Sami Lafi, n’a pas réussi à conserver sa place de chef de file. Le Sétifien de Rafsa a terminé à la 71e place, loin derrière le Bougiote Ameur Maouni, meilleur algérien : 59e, immédiatement suivi de Moussa Ziane (60e). Les autres athlètes ont occupé des classements qualifiés de moyens : Aboubekeur Essedik Becharef (63e), le champion d’Algérie juniors, Sami Lafi (70e), Mohamed El-Amine Chouaf (76e) et Anes Traikia (102e).
Bons résultats en seniors
Nos deux représentants seniors, Kenza Dahmani et Khoudir Aggoune, les deux incontestables meilleurs athlètes de demi-fond de ces trois dernières années, ont confirmé leurs bonnes performances. Kenza Dahmani a atteint l’objectif auquel elle était astreinte en améliorant sensiblement son rang au niveau du cross mondial. En effet, de la 59e place acquise en 2008, la Sétifienne du NCBBA se hisse à la 32e à Amman. Quant à Khoudir Aggoune, il a terminé à une méritoire 35e place, après avoir réalisé une course constante et régulière à cette position.
Ethiopiens et Kenyans toujours présents
Les Kenyans, qui souhaitaient récupérer un titre individuel leur échappant depuis la victoire de Paul Tergat en 1999, devront encore patienter. Leonard Komon a pris la 4e place, devant ses compatriotes Mathew Kisorio (6e) et Mark Kiptoo (7e). Ce tir groupé permet cependant au Kenya de remporter le classement par équipes, devant l'Ethiopie et l'Erythrée.
Très attendus, les Qataris - des athlètes des hauts plateaux naturalisés dans les rangs des pays du Golfe - n'ont pas été à la hauteur face à la rude concurrence des coureurs des hauts plateaux d’Afrique.
Le Maghreb en net recul
Il y a lieu de remarquer le recul des sélections algériennes et marocaines en cross ces dernières années. Notamment depuis 2006 lorsque le cross court a été supprimé des Mondiaux. Pour rappel, à Fukuoka (2006), le Maroc avait décroché son dernier podium dans un Mondial de cross, alors que l’Algérie était classée 8e avec une méritoire 16e place pour Khoudir Aggoune. Au cross long, toujours à Fukuoka, le Maroc est classé 4e par équipes et l’Algérie 10e. Le meilleur classement individuel algérien a été l’œuvre de Samir Moussaoui (37e). A titre de comparaison, la sélection nationale de cross avait fait bien mieux à St-Etienne, en 2005, en décrochant une double 5e place historique aux classements par équipes du cross long et cross court. Le Maroc, quant à lui, avait pris la 4e place du court et n’avait pas engagé d’équipe au cross long. C’étaient les plus belles années du cross-country maghrébin. Depuis, c’est un net recul qui est constaté par les observateurs et techniciens du demi-fond mondial.
Abdou Seghouani
La plus jeune a été la meilleure en juniors
Hadda Souadia, un nom à retenir
S’agissant de la participation algérienne, il y a quelques satisfactions à relever. La première étant la belle prouesse de l’une des plus jeunes participantes sélectionnées, Hadda Souadia. Elle l’avait dit avant le départ pour Amman : «Je suis motivée. Je vais tout faire pour obtenir un bon résultat. Ce qui compte le plus pour moi c’est de progresser pour représenter dignement l’Algérie !», avait-elle déclaré lors de la conférence de presse organisée par la Fédération algérienne d’athlétisme (FAA) avant le départ de la délégation pour Amman.
Tout juste 16 ans, la jeune athlète du NC Bordj Bou Arréridj a réalisé le meilleur classement individuel algérien en Jordanie : elle s’est classée 58e. Pétrie de qualités, cette talentueuse athlète de demi-fond est loin de laisser indifférent. Elle a été retenue pour les Mondiaux d’Amman en tant que championne d’Algérie cadette de cross, le 5 mars dernier, à Tébessa. Pour la précision, ce sont les quatre premières du Championnat national, plus les deux premières cadettes qui constituent la sélection nationale juniors pour le Mondial de cross d’Amman. Vice-championne d’Algérie, l’an dernier (toujours en cadettes), chez elle à BBA, lorsqu’elle avait damé le pion à plus âgées et plus fortes qu’elle. Cette année, elle n’a pas laissé passer sa chance de décrocher la plus haute marche du podium. Même si elle doit encore beaucoup travailler pour se hisser au plus haut niveau, force est de constater que Hadda Souadia est un argument de valeur pour l’avenir de l’athlétisme algérien. Pour la simple et unique raison que ce n’est pas tous les jours que l’on fait de telles découvertes. Hadda Souadia ? Retenez bien ce nom !
Abdou S.



