Aviron – Bilan de l’entraîneur national
- Samedi, 14 Août 2010
V. Tassery : « Des résultats plutôt positifs mais… »
L’entraîneur de la sélection nationale d’aviron Vincent Tassery a quitté dernièrement Alger pour des vacances méritées dans son pays, la France. Juste avant son départ, il a bien voulu nous dresser un bilan de la saison 2010. Un document qu’il a adressé à la Fédération algérienne d’aviron.
La saison sportive 2010 s’est achevée après les Championnats du Monde U23 organisés en Biélorussie. Outre ce rendez-vous planétaire dans lesquels un seul athlète algérien était engagé, l’EN s’était présentée en nombre à l’évènement précédent, qui était l’objectif principal de cette saison, à savoir les Championnats d’Afrique de Tunis. Ces échéances passées, un bilan sportif a pu être effectué pour la saison qui vient de prendre fin.
De nombreux stages ont été effectués. Comment avez-vous retenu les rameurs ?
« De mars à juillet, 6 stages pour seniors, un pour les juniors et un stage de «développement» ont été organisés. A ces regroupements est venu se greffer un stage commun juniors-seniors de préparation terminale aux Championnats d’Afrique.
Les athlètes convoqués pour ces stages étaient sélectionnés par rapport à leur niveau sportif individuel. Pour ce faire, un premier stage de détection avait été mis en place début mars afin de sélectionner les athlètes qui formeront le groupe EN. Suite à quoi un groupe a donc été déterminé. Les regroupements avaient donc pour but de permettre à ces athlètes de s’entraîner en commun dans un premier temps, avant d’être dispatchés dans des équipages pour former les meilleurs bateaux possibles à présenter aux Championnats d’Afrique. Pour ce faire, des évaluations ont été organisées tout au long de la saison afin de voir l’évolution de ces athlètes dans le temps. Ces évaluations et mises en opposition «quantifiables» ont ensuite servi de support quant au choix final des embarcations présentées aux Championnats d’Afrique. Les meilleurs rameurs juniors ont été regroupés en stage à la suite des Championnats d’Algérie. Tout comme pour les seniors, le choix des athlètes s’est fait au vu de leurs performances sportives, le support de ce choix étant les Championnats nationaux. »
Qu’en est- il du stage de développement ?
Celui-ci a été organisé durant une semaine au mois de juillet. Il avait pour but de découvrir les talents de demain sur une période durant laquelle ils étaient disponibles, à savoir les vacances scolaires. L’objectif était également de permettre à ces jeunes athlètes de se familiariser avec le fonctionnement et le contenu d’un stage, mais aussi et surtout de découvrir la manière de s’entraîner de l’Equipe Nationale. En effet, ce stage était couplé à un regroupement senior «restreint». Le bilan de l’opération a été positif, puisqu’il a permis à ses organisateurs de se faire une idée sur le niveau de ces jeunes mais aussi d’en détecter deux éléments à fort potentiel. En revanche, il est dommage que ces jeunes athlètes aient eu à constater une certaine désorganisation lors de ce regroupement, ainsi qu’un laisser-aller comportemental de la part de certains athlètes qui, pourtant, auraient dû leur servir d’exemple.
Et en matière de compétitions ?
Les Championnats d’Afrique d’aviron se sont tenus du 1er au 3 juillet dernier à Tunis. Cette manifestation sportive était ouverte aux catégories des juniors et seniors. La sélection nationale y a présenté 22 athlètes pour concourir dans les 13 disciplines inscrites au programme : 9 en seniors et 4 en juniors. La proximité du lieu de compétition a permis aux nôtres de faire participer une équipe complète en essayant de concentrer les forces sur quelques spécialités ciblées, tant chez les garçons que chez les filles.
Afin de pouvoir obtenir les meilleurs résultats possibles dans ces spécialités, la majorité des athlètes sélectionnés pour ces disciplines se sont préparés pour concourir exclusivement dans la spécialité choisie, mises à part deux athlètes féminines qui ont participé à deux courses différentes programmées avec une journée d’écart.
Comme s’est faite la préparation des championnats d’Afrique ?
Afin de pallier le manque de confrontations, des évaluations et mises en opposition ont été organisées tout au long de la saison à l’occasion des divers regroupements de l’Equipe Nationale. Grâce à ces tests, on a pu choisir les athlètes qui devaient composer les équipages présentés lors de ces Championnats d’Afrique. L’accent a été mis sur quatre catégories de bateaux : Un chez les garçons et trois chez les filles.
S’agissant des garçons, nous avons opté pour l’aspect collectif et choisi le bateau le plus long possible à constituer inscrit au programme de la compétition. Chez les filles, ont été choisis les deux de couple TC et PL, ainsi que le skiff poids léger.
Ces choix, notamment chez les garçons, ont permis d’ouvrir la sélection à d’autres athlètes prêts à relever le défi de l’accessit, c'est-à-dire à gagner des médailles tout en emmagasinant de l’expérience.
Comment appréciez- vous les résultats ?
Considérant que le but, outre la performance pure, était de présenter une équipe étoffée, les résultats obtenus par les rameurs et rameuses de l’équipe nationale algérienne sont plutôt positifs. Auraient-ils pu être meilleurs ? Certainement, notamment chez les seniors. Mais le manque de repères en matière de concurrence africaine mais aussi la volonté d’ouverture a poussé les nôtres à faire des choix «raisonnables», à ne pas se disperser et à viser ce qui semblait réalisable.
L’EN a participé au Championnat du Monde U23. Pourquoi un seul sélectionné ?
L’athlète en question est Sid Ali Boudina, qui s’est classé au final 20e en LM1x. Cette performance justifie le choix de limiter la sélection. En effet, le niveau sportif de l’athlète présenté est certainement bien au-dessus de celui des autres athlètes algériens de la même tranche d’âge.
Après un premier parcours prometteur durant lequel il a réalisé le 14e temps des éliminatoires, Sid Ali n’a pu rééditer la même performance lors des repêchages et demi-finale qu’il a courus. Néanmoins, lors de sa finale de classement, il a su élever son niveau et réaliser un parcours de qualité tant dans l’engagement que dans la réalisation.
A sa décharge, il est important de préciser que le fait de concourir 4 fois en 3 jours, alors que c’était sa première compétition de ce type de la saison, n’est pas chose aisée.
Et en guise de conclusion ?
Afin de permettre aux athlètes algériens de porter bien plus haut les couleurs de leur pays, il est important qu’ils puissent participer à des compétitions de préparation durant lesquelles ils pourront enchaîner les parcours, s’entraîner à enchaîner les courses. Pour ce faire, il est impératif de leur permettre de concourir tout au long de la saison dans des compétitions de niveau international, dans le but de gagner en expérience. Une expérience qu’ils pourront utiliser à bon escient le jour de la compétition, qui fait office d’objectif final.
Le bilan général de cette saison sportive est plutôt positif pour nos capés. Son déroulement devrait leur permettre d’aller de l’avant et surtout amener le personnel d’encadrement à tirer quelques conclusions concernant les améliorations faciles à mettre en place afin d’encourager une meilleure évolution des athlètes de l’Equipe Nationale.
Noureddine Henni



