ATHLETISME : Baya Rahouli, 8e en finale du triple saut
- Vendredi, 02 Septembre 2011
13es Championnats du Monde de Daegu (Résumé)
Baya Rahouli, 8e en finale du triple saut
Par Abdou Seghouani
Les trois dernières journées des Mondiaux d’athlétisme 2011, à savoir celles de mercredi, jeudi et hier, ont été les plus chargées pour nos représentants à Daegu, en Corée du Sud.
Ainsi, pour la seule journée de jeudi, soit après l’Aïd El-Fitr, ils n’étaient pas moins de six Algériens à fouler la piste et le sautoir de l’Olympic Stadium de Daegu. Trois journées de compétition à l’issue desquelles on retiendra la 8e place acquise par Baya Rahouli en finale du triple saut, disputée jeudi. Malgré une douleur au tendon rotulien, elle a réussi un saut de 14,12m. Il faut retenir également que Tarek Boukensa a réussi, ce jour-là, à décrocher son billet pour la finale du 1 500m messieurs, prévue aujourd’hui, à 12h15 (heure algérienne). A l’inverse, Zahra Bouras n’a pas confirmé, puisque les Mondiaux-2011 se sont arrêtés pour elle hier, dans les demi-finales du 800m dames, alors qu’elle avait fait bonne impression lors du 1er tour. Retour sur ces trois journées longues et laborieuses pour les athlètes algériens.
Jeudi 31 août : Elle est toujours performante
Elle est la première Algérienne à atteindre une finale des Championnats du monde d’athlétisme 2011. Baya Rahouli a en effet disputé la finale du triplesaut dames, la troisième en quatre participations à des Mondiaux, depuis l’édition 1999 à Séville. La journée a débuté avec la séance du matin. Décalage horaire oblige, pour suivre les 13es Championnats du monde d’athlétisme de Daegu, la nuit blanche - ou presque - était inévitable.
Un bond de 14,12 m
Le fait qu’elle décroche son billet pour la finale était un signe révélateur. Battante et compétitive à souhait, Baya Rahouli allait nous étonner une fois de plus. Pourtant, la journée avait mal commencé pour elle, lorsqu’elle avait ressentie une douleur au tendon rotulien. C’était au cours de la séance d’échauffement. Après consultation du médecin, elle décide d’aller jusqu’au bout et de disputer la finale. Malgré les embûches, Baya Rahouli a terminé à la 8e place de ces Championnats du monde d’athlétisme, après avoir réalisé un bond de 14,12 mètres. C’est l’Ukrainienne Olha Saladuha (28 ans) qui a remporté l’épreuve, avec un saut de 14,94 m. La fille de Bab El-Oued a sauté moins bien que lors du tour des qualifications où elle avait réussi, là aussi, la 8e performance des deux groupes de qualifications confondus, avec 14,30m. Ancienne championne du monde junior (1998, à Annecy), Baya Rahouli retrouve une seconde jeunesse dans sa carrière à 32 ans. A l’issue de sa finale, elle nous dira qu’elle se sentait bien : «Je voulais vraiment réussir quelque chose de bien aujourd’hui, jusqu’à l’échauffement, quand j’avais eu cette douleur au tendon, qui n’a d’ailleurs pas cessé durant toute la finale. J’ai quand même résisté, fait ce que je pouvais et même exécuté tous mes sauts (ndlr : 13,95m, 13,79m, 14,12m, X, 14,03m et 13,97m), sauf le quatrième qui était nul», nous a-t-elle déclaré. Elle ajoutera qu’elle allait se focaliser sur l’avenir : «Je vais continuer à travailler pour l’avenir et je vous promets que je serai bien meilleure l’année prochaine aux jeux Olympiques. Je pense que mes chances sont toujours intactes et donc, je vais y aller pour faire encore mieux», a-t-elle conclu.
Rabah Aboud et Mounir Miout (séries du 5 000m)
Il fallait donc se lever à 2h05 du matin pour assister aux séries du 5 000m messieurs et suivre nos deux représentants, Mounir Miout et Rabah Aboud. Miout est le premier à partir dans la série n° 1, mais il n’est pas allé loin. Il a en effet abandonné, sûrement parce qu’il n’a pas pu longtemps résister à la forte chaleur (29°C) et, surtout, au taux très élevé d’humidité (85%), qui ont caractérisé cette matinée coréenne. Néanmoins, les conditions étaient les mêmes pour tous les concurrents et la série a été rempotée par l’Américain Bernard Lagat, en 13’33’’ 90 -le meilleur temps des deux séries confondues -, devançant le Kényan Thomas Longosiwa (13’34’’46) et l’Ethiopien Dejen Gebremeskel (13’34’’48).
Dans la série n° 2, Rabah Abdoud a fini par céder devant le rythme effréné de la course. Au final, il terminera à la 16e place, avec un temps de 14’00’’34, soit le 29e chrono des deux séries confondues, et loin de son record personnel qui se situe autour des 13’19’’, réalisé lors des Jeux mondiaux militaires de Rio de Janeiro. Le vainqueur de la série, l’Ethiopien Imane Merga, s’est imposé en 13’37’’96 devant le Britannique d’origine somalienne, Mohamed Farah (13’38’’03), et son compatriote Kuma Abera (13’38’’41).
Qualifications : Zahra Bouras (séries du 800m)
Toujours dans la journée de jeudi, on avait droit au premier tour des qualifications du 800m dames, avec l’entrée en lice de celle qu’on attendait le plus, Zahra Bouras. Elle disputera la 5e et dernière série des qualifications et passera ce tour sans la moindre embûche, en se classant deuxième, avec un temps de 2’02’’77, juste derrière l’Ougandaise Annet Negesa (2’02’’75). C’est exactement ce qu’on attendait d’elle dans cette course «parfaite» où les quatre premières étaient qualifiées au classement. C’était le 22e temps de ce tour de qualifications, mais ce n’était pas tellement important dans la mesure où l’essentiel était de passer au tour suivant et de se préserver pour la suite de la compétition. Donc, tout allait bien pour Zahra Bouras deux jours avant les demi-finales.
Taoufik Makhloufi et Tarek Boukensa (demi-finale du 1 500m)
Ce sont les demi-finales de la spécialité qui a donné tant de satisfactions à l’Algérie sur le plan international. Dans la série n° 2, Boukensa a assuré du mieux qu’il pouvait en s’emparant de la seconde place (3’36’’84), juste derrière le Kényan Asbel Kiprop (3’36’’75). L’Algérien a ainsi assuré le plus important : décrocher son billet pour la finale. Dans sa demi-finale - la plus rapide -, le protégé à Amar Brahmia a devancé le Marocain Moustaoui, l’Espagnol Olmedo, le Vénézuélien Villanueva, tous trois qualifiés au classement, ainsi que l’Irlandais O’Lionaird et le New-Zélandais Willis. Des athlètes qu’il affrontera de nouveau aujourd’hui (12h15), en finale du 1 500m.
Moins chanceux, Taoufik Makhloufi a connu un destin diamétralement opposé. Il n’a pas réussi à faire la course parfaite et, par conséquent, ne disputera pas la finale. Il se classera 11e en 3’50’’86, dans une demi-finale très tactique et assez lente, remportée par l’Américain Matthew Centrowitz, en… 3’46’’66. Un bien curieux chrono de la part de Makhloufi, qui nous avait habitués à bien mieux que cela et surtout, dont on attendait beaucoup. Rappelons que, deux jours auparavant, soit le jour de l’Aïd El-Fitr, nos deux représentants avaient réussi à passer sans difficulté le premier tour des qualifications. D’abord Mekhloufi, 5e de sa série (3’41’’87), puis Makhloufi, qui s’est classé 4e en 3’40’’15.
Hier : sortie prématurée de Zahra Bouras
Seïf El-Islem Temacini (séries triple saut), parti avec un record personnel de 16,88m. Donc, pas de miracle pour notre représentant en groupes de qualifications (1er Tour) du triple saut, hier à Daegu. Temacini (23 ans) n'a réussi à marquer aucun des trois essais autorisés. A chacune de ses tentatives, il «mordait» la cire de la ligne rouge. Pour rappel, Temacini était qualifié aux Mondiaux-2011 à la faveur des minima B.
Zahra Bouras (demi-finale du 800m). C’est fini ! L’aventure des premiers Championnats du monde de Zahra Bouras s’est arrêtée hier, lors de la 2e demi-finale du double tour de piste. Une sortie prématurée de la championne d’Afrique en titre, victime d’un problème musculaire qui a complètement bloqué la chaîne articulaire. Le handicap de Zahra était largement perceptible dès les 450 premiers mètres de la course… Il s’agit d’un problème au niveau des deux ischio-jambiers, des muscles qui jouent un grand rôle dans la flexion du genou. Cette ischiatique d’hier à Daegu est la conséquence directe d’une vielle blessure (le nerf sciatique), qu’on croyait définitivement soignée. Notre représentante a terminé à la 8e place, en 2’12’’08. Un temps qui est loin de refléter sa véritable valeur. La Russe Mariya Savinova a remporté la demi-finale, en 1’58’’45.
Il dispute aujourd’hui (12h15) la finale du 1 500m
Est-ce le «grand jour» pour Tarek Boukensa ?
Sans l’ombre d’un doute, Tarek Boukensa disputera aujourd’hui, à Daegu, le 1 500m de sa «carrière». Habitué des grands rendez-vous mondiaux, Boukensa s’est offert une chance inouïe en se qualifiant de fort belle manière pour la finale des Mondiaux de Daegu. Il est désormais parmi les douze athlètes en course pour l’une des trois médailles en jeu. Cette chance, il va sans doute aller puiser au fond de ses réserves pour la saisir et faire - enfin ! - son entrée dans l’histoire du 1 500m algérien. Une spécialité de l’athlétisme qualifiée de «constante» par excellence du sport national. Boukensa devra aller à fond et son entraîneur, Amar Brahmia, en est conscient : «Boukensa a atteint l’âge de maturité. Il est capable d’un coup d’éclat. Il faut bien gérer cette finale, comme il l’a fait en demi-finale. Je ne vais pas parler de médaille, puisque les meilleurs de la spécialité seront en ligne. Mais les places d’honneur sont ouvertes et Boukenza est capable de nous étonner. Car il a une revanche à prendre contre le sort qui s’acharne sur lui depuis quelque temps», a-t-il déclaré à l’APS. Pour cela, «il doit sortir le grand jeu», estime Amar Brahmia. Ce qui est certain, c’est que la qualification en finale de Tarek Boukensa (qui aura 30 ans dans deux mois) en a surpris plus d’un. Va-t-il saisir cette immense chance pour se retrouver sur l’une des marches du podium ? Ce qui serait une juste consécration.
Abdou S.
Programme d’aujourd’hui
(Heure d’Alger)
Matin
00h00 : 50 km marche M, Finale
Après-midi
11h00 : Saut en hauteur D, Finale
11h10 : Lancer du javelot M, Finale
11h15 : 100m haies D, Demi-finale
12h15 : 1500m M, Finale
12h40 : 4 x 400m D, Finale
13h00 : 100m haies D, Finale
13h20 : 200m M, Finale.
(M = Messieurs, D = Dames)



