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Saphir Taïder : «Algérie ou Tunisie ? Je préfère... d'abord m'imposer avec mon club»
- Lundi, 06 Février 2012
Saphir Taïder : «Algérie ou Tunisie ? Je préfère... d'abord m'imposer avec mon club»
France ? Algérie ? Tunisie ? Saphir Sliti Taïder a l'embarras du choix. Mais, pour l'instant, justement, le talentueux milieu de terrain du FC Bologne ne veut pas se presser pour faire un choix de carrière internationale qu'il prendra en temps voulu. Même s'il n'affiche pas sa préférence, pour la Gazette du Fennec, le tout jeune joueur, qui n'a pas encore fêté ses 20 ans, revient sur sa carrière sportive et nous parle à cœur ouvert de ses ambitions.
Bonjour Saphir, une petite présentation. Où avez-vous commencé à jouer au foot et quel a été votre parcours avant d’arriver à Bologne ?
J’ai commencé à l’âge de six ans dans un petit club, à Castres, près de Toulouse. Ensuite, j’ai intégré le centre de formation de Grenoble où j’ai effectué mes débuts dans le milieu professionnel. Depuis cette année, je joue au Bologne FC en Italie et je découvre la Serie A.
Vous jouez milieu défensif et offensif à la fois. Comment pourrez-vous vous qualifier et à quel joueur vous vous identifiez ?
Je me qualifierai de milieu de terrain moderne, j’ai la chance de savoir défendre et attaquer en même temps. Je ressens aussi cette volonté et cette envie de marquer des buts. Après, je ne ressemble pas à un joueur en particulier, j’aime bien défendre et pouvoir aller vers le but.
Un joueur de référence…
Honnêtement, je n’ai pas de joueur de référence, j’ai toujours suivi mon frère, lequel était devant moi parce qu’il a eu la chance de faire une carrière pro et il est encore dans le circuit. C’est mon meilleur exemple pour pouvoir progresser et aller de l’avant dans ce milieu du foot.
Justement, votre frère évolue à l’ES Sahel et est international tunisien. Que pensez-vous de sa carrière et êtes-vous très proche de lui ?
On est énormément proches, comme des frères naturellement. Pour sa carrière, c’est vrai qu’elle aurait pu être meilleure, vu ses qualités, mais dans le milieu du foot de nos jours, ce n’est plus forcément tes qualités qui te permettent de réaliser une carrière. Il y a d’autres paramètres et certaines circonstances qui peuvent te faire pencher du mauvais côté. Donc, justement, je me sers de ses erreurs pour ne pas les refaire et essayer d’avoir une meilleure carrière que lui, inch’Allah.
«Mon grand frère Nabil est un exemple pour moi»
Peut-on dire qu’il a influencé votre carrière ?
Oui, c’est sûr, je l’ai vu jouer et débuter dans le monde pro. J’avais 7 ou 8 ans, donc j’ai été bercé par ça grâce à lui. Quand tu vois ton grand frère jouer au foot, tu as les yeux comme ça. Donc, oui, j’ai essayé de suivre son chemin.
Est-ce que vous rêvez de jouer avec lui en club ou en sélection, comme les frères Touré ou Ayew ?
Oui, on en a déjà parlé, soit jouer en sélection ensemble, soit jouer en club ou bien un jour se rencontrer sur un terrain de foot car c’est une grande chance d’avoir deux frères dans le milieu professionnel. On en a parlé, mais c’est le mektoub qui décidera.
En parlant de mektoub, on revient sur le dernier match Algérie-Tunisie. Votre maman est algérienne et votre papa tunisien. Vous penchez pour quelle sélection ?
Honnêtement, je ne penche pour aucune des deux sélections. J’ai le cœur partagé quand je vois un match comme ça, Algérie-Tunisie. Je supporte le spectacle, je ne supporte pas l’une des deux équipes, je supporte le beau jeu car ce sont mes deux pays de cœur. Ce serait donc un grand honneur de jouer pour l’un des deux pays quoi qu’il arrive.
Vous opteriez donc pour la première sélection qui vous fera appel ? Comment cela ce passe ? Vers quelle sélection vous vous tourneriez ?
(Gêné)... Je serai très flatté d’être sollicité, c’est sûr, même si je joue actuellement en Equipe de France. Mais, honnêtement, pour l’instant, je ne me penche pas trop vers tout ça car je suis jeune. J’ai besoin d’avoir du temps de jeu dans mon club avant d’aller en sélection la tête reposée et commencer un nouveau chapitre international si je venais à être amener à jouer pour l’une des deux équipes parce que, aujourd'hui, je ne peux pas me permettre d’aller en sélection comme ça. Même si c’est une énorme chance et que tout le monde aimerait être appelé par l'une des deux équipes, sportivement je ne pense pas encore que c’est le moment de me décider. Je préfère d’abord m’imposer dans mon club et gagner en temps de jeu, être solide à ce niveau-là et, inch’Allah, apporter ensuite ce que je sais faire, soit à la Tunisie soit à l’Algérie.
Pour en revenir à votre carrière en club, à Bologne, est-ce que vous êtes satisfait de votre temps de jeu ?
Honnêtement, me connaissant, je pensais pouvoir jouer avant. Je n’ai pas eu la chance d’être épargné par une petite blessure. J’ai bien commencé, j’avais fait une bonne préparation puis, malheureusement, je me suis blessé juste après le match de la Fiorentina, et suis resté pendant un mois et demi loin des terrains. Une semaine avant de revenir, il y a eu un changement de coach suite à de mauvais résultats, donc forcément le nouveau coach, ne me connaissait pas, je suis aussi parti en sélection française entre-temps donc tout a été retardé. Donc, ensuite, j’ai travaillé comme tout le monde, et j’ai réussi petit à petit à revenir à mon niveau et là, hamdoullah, tout se passe bien.
Puis, il y a eu au mercato l’arrivée d’un joueur que vous connaissez bien : Izhak Belfodil, votre coéquipier en Equipe de France des U20. Comment cela se passe-t-il avec lui ?
Izhak, j’étais encore avec lui aujourd’hui et on se voit tous les jours, je le connais depuis un petit moment déjà et donc tout se passe très bien. Il s’est entraîné pour la première fois avec le groupe. Je suis là, j’essaie de l’aider, hamdoullah, tout se passe bien, on est 4 ou 5 à parler français dans le groupe, donc il s’est assez vite intégré. Ensuite, voilà, il est venu pour gagner du temps de jeu et il a les qualités pour s’imposer.
«Izhak Belfodil a énormément de talent»
Justement, quelles sont ses qualités selon vous ?
C’est un joueur qui a énormément de talent, il a la chance d’être grand et à la fois vraiment habile techniquement, donc ça c’est une qualité. Il pèse sur une défense parce qu’il est grand et ça forcément ça gêne les défenseurs. Ensuite, il est capable de conclure des actions et mettre des buts, donc il a les qualités d’un attaquant moderne. Maintenant, on sait très bien que l’Italie, ce n’est pas simple pour s’imposer car c’est un grand championnat mais il a tout pour.
Avez-vous conseillé les dirigeants de Bologne pour son recrutement ?
Pour ne rien vous cacher, oui, j’ai discuté avec eux, ils ont pris mon avis du fait qu’on joue ensemble en sélection mais les dirigeants de Bologne sont des gens compétents, donc ils l’avaient déjà vu avant. Ils se sont renseignés sur lui, ont envoyé du monde pour le voir jouer... Izhak, tout le monde le connaît, c’est un talent, donc bien sûr ils m’ont demandé des choses mais je ne pense pas avoir influencé leur choix, ils le connaissaient avant.
On parle de vous à la Juventus de Turin. Il semblerait que le club turinois ait acheté 50 % de vos droits à Bologne. Qu’en est-il exactement ? Allez-vous jouer la saison prochaine à la Juve ?
Non, rien n’est sûr, je ne serai pas joueur de la Juventus de Turin l’année prochaine. Il faudra voir tout cela au mois de juin, ce n’est pas si simple que ça, la route est encore longue et je ne me penche pas trop vers cette idée-là. Pour l’instant, je pense simplement à travailler et gagner plus de temps de jeu ici avec Bologne pour progresser et toujours aller de l’avant. On verra donc au mois de juin, pour le moment je ne pense pas trop à ça.
Est-ce que vous suivez l’Equipe d’Algérie ? Est-ce que vous connaissez des joueurs algériens ?
Oui, je suis de près l’Equipe d’Algérie et je connais également plusieurs joueurs personnellement.
«Je connais bien Sofiane Feghouli, depuis l'époque de Grenoble»
Lesquels, par exemple ?
Je connais bien Sofiane Feghouli que j’ai rencontré à Grenoble. Quand je suis arrivé, il faisait lui aussi ses débuts pro, donc je le connais bien. On a beaucoup parlé ensemble donc j’ai aussi beaucoup appris de ses conseils et là je suis content de le voir réussir à Valence parce que ce n’est pas facile de s’imposer dans un si grand club. Donc, je suis fier pour lui. Il ira le plus loin possible, que ce soit avec la sélection ou en club parce que c’est vraiment un appui important qui vient s’ajouter à la sélection algérienne.
Dernière question, Saphir. Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour cette saison ?
Ce que je souhaite, avec mon club, c’est d'obtenir très rapidement le maintien, ensuite, en ce qui me concerne, essayer d’obtenir le maximum de temps de jeu et jouer régulièrement pour progresser et le reste viendra tout seul au fil du temps.
Entretien réalisé par Nassima Djaout pour La Radio Chaîne III et la Gazette du Fennec
Saphir Sliti Taïder en résumé
Profil : né le 29 février 1992 à Castres (France)
Milieu de terrain
1,80 m pour 73 kg
Parcours
1998 – 2006 Castres FC (petites catégories)
2006 – 2008 : Albi US
2006 – 2008 : INF Castelmaurou (pré-formation)
2008 – 2010 : Grenoble F38 (centre de formation)
2010 – 2011 : Grenoble F38 (Ligue 2, France, 23 matchs - 1 but)
2011 – 2012: FC Bologne (Serie A, Italie)
International : Equipe de France U18 (2 sélections - 1 but), U19 (10 sélections - 1 but) et U20 (1 sélection, en cours)



