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Football 1er Ligue 2010-2011
Maintenant qu’il est parti, comme beaucoup l’avaient souhaité
- Mardi, 07 Septembre 2010
Espérons qu’on ne regrettera pas le départ de Saâdane
Déçu par la réaction hostile du public, présent au stade Tchaker de Blida, qui l’a copieusement insulté après le match nul concédé face à la Tanzanie, le coach Rabah Saâdane a présenté sa démission dès le lendemain. Une décision qui a été entérinée aussi bien par le président de la FAF que le « peuple algérien » dont près de 80 % a dû pousser un grand ouf de soulagement après avoir appris la nouvelle. En effet, depuis le retour d’Afrique du Sud, où l’EN n’avait pas réussi à créer l’exploit de se qualifier au second tour, Saâdane était devenu indésirable aux commandes techniques des Verts. D’ailleurs, beaucoup de gens ont été déçus d’apprendre sa reconduction à la barre technique, avec pour se seul objectif de qualifier l’EN à la phase finale de la CAN, sans plus. Ainsi, et n’ayant pas fait l’unanimité dès le renouvellement de son bail, le sélectionneur national s’est en quelque sorte mis dans le collimateur de ceux qui l’attendaient au tournant. Seulement, et aujourd’hui que Saâdane n’est plus là, on se demande si les gens ont vraiment bien fait de le pousser vers la porte de sortie. Généralement, quand on prend une décision, on ne sait jamais à l’avance si c’est la bonne. C’est le soin que nous laissons au temps de nous en apporter la preuve et, dans le cas du sélectionneur national, il semble qu’on n’ait eu un peu tort. Dès son retour de Johannesburg, Saâdane avait attiré l’attention de l’opinion publique sur les difficultés du mois de septembre car, il intervenait juste après les vacances. Selon lui, les joueurs du monde entier y manquent de préparation et de matchs dans les jambes, faisant qu’il faudra attendre le mois d’octobre pour les voir revenir à leur meilleur niveau. Soit, une manière directe de préparer les gens à de grosses surprises au cours de cette première journée des éliminatoires. Finalement, le Cheikh a bien vu et ne racontait pas des bobards. A titre d’exemple, le Maroc a été tenu en échec à Rabat (0-0). L’Egypte, avec toutes ses stars, s’est vue imposer le partage des points par La Sierra Leone, la Tunisie a été tenue en échec par le Malawi, sans parler de la France qui, malgré toutes les réformes apportées par Laurent Blanc, a concédé une défaite à domicile contre la Biélorussie. Comme on vient de le souligner, c’est souvent le temps qui nous montre si on a pris la bonne décision ou pas et, dans le cas de Saâdane, on s’est peut être précipité à le condamner car, comme il l’avait prédit, le mois de septembre a été particulièrement difficile, et pas uniquement pour l’Algérie.
Ce sera difficile de trouver meilleur que lui
En tout cas, quand on veut juger le travail d’un homme, on doit le faire sur l’ensemble de l’oeuvre, et pas uniquement sur un simple détail. Exemple : pendant la CAN 2010 en Angola, si on s’était précipités à limoger Saâdane après la défaite (3-0) face au Malawi, nous n’aurions peut-être jamais assisté à la victoire contre le Mali, le match nul contre le pays organisateur et la superbe qualification aux demi-finales face à la Côte d’Ivoire. Idem pour le Mondial sud-africain. Si on avait viré l’entraîneur après la défaite contre la Slovénie, on n’aurait peut être pas assisté à ce nul historique contre l’Angleterre et cette formidable « bataille » contre les USA, qui aurait pu tourner en notre faveur. Tout cela pour dire que beaucoup de choses peuvent se rattraper avec le temps, surtout en football où les parcours sont relativement longs (La Tanzanie n’était que le premier adversaire d’une série de six). Certes, certains pays ont le sang chaud, comme nous ; allusion faite à l’Espagne où certains clubs comme le Real où le Barça n’hésitent pas à limoger leur entraîneur pour le simple fait d’avoir perdu un classico. Mais l’exemple qu’il serait peut être intéressant de suivre est celui des anglais chez lesquels l’entraîneur est assuré de faire long feu, même lorsqu’il échoue dans certains objectifs. Il suffit de voir la longévité du Sir Alex Fergusson et d’Arsène Wenger pour s’en rendre compte. Tout comme eux, et qu’on le veille ou pas car les statistiques sont là pour le prouver, Saâdane a fait du bon travail en équipe nationale. Mis à part le « Cheikh » Abdelhamid Kermali qui a offert la CAN 90 à notre pays, ou Khalef qui a conduit l’EN à l’exploit de 1982 en Espagne, aucun parmi les autres sélectionneus, qu’il soit local ou étranger, n’a réussi le moindre exploit. Pire encore, sous leur coupe, l’EN a tout simplement sombré. Il a fallu donc attendre le retour de Saâdane, en 2004, pour voir les Fennecs réussir une nouvelle qualification à la CAN tunisienne avant d’y réaliser un bon parcours. Six ans plus tard, c’est encore lui qui a conduit l’EN en Angola et en Afrique du Sud. En tout cas, ce ne sont pas Georges Leekens, Robert Waseige ou Jean Michel Cavalli qui ont redoré le blason du football national et ça, il faut le reconnaître. En plus, Saâdane ne coûtait pas très cher à la FAF. De tous les entraîneurs qualifiés à la précédente Coupe du Monde, il était, et de loin, le moins bien payé. A partir de là, et en voyant les choses sous un certain angle, on peut considérer que pousser Rabah Saâdane vers la porte de sortie a été une très grosse erreur. De toute façon, il ne s’agit que d’un avis personnel et, là encore, on doit laisser le temps nous confirmer si on a eu raison ou pas. Mais ce qui est sûr est qu’on ne va pas refaire l’histoire et que, lorsqu’on change, c’est pour mieux, non pas pour pire. Espérons que la FAF va nous dénicher l’oiseau rare. Un entraîneur compétent, qui réussira un aussi bon travail que celui de Saâdane et surtout, qui sera payé raisonnablement car,Mourinho est déjà au Réal...
A. N.



