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Un jeu sans fond
- Mardi, 12 Janvier 2010
Un jeu sans fond
C’est une évidence, notre onze national avait très mal débuté la partie face au Malawi. On a beau justifier cette mauvaise entame de match par le taux élevé d’humidité et la chaleur suffocante qui gênaient l’évolution des joueurs sur le terrain, cependant, cela ne devrait pas occulter quelques erreurs tactiques, notamment au milieu du terrain, qui a manqué considérablement d’agressivité, de rigueur mais aussi de volonté pour prendre des initiatives en l’absence de solutions en attaque. Yebda et Mansouri, pour ne citer que ceux-là, ont fait beaucoup plus dans le pousse ballon que dans l’orientation du jeu. Il eût été plus utile d’oser balle au pied pour percer la défense malawite, tout comme les attaquants auraient dû décrocher pour ouvrir des brèches à leurs coéquipiers venant de derrière. Mais à la place, on a usé de balles latérales et de passes courtes au milieu du terrain, ce qui donnait à chaque fois l’occasion aux joueurs adverses de se replacer. Les Verts avaient-ils mal assimilé les consignes de Saâdane, qui leur demandait depuis quelques jours déjà de gérer leur effort ? Car gérer l’effort ne veut pas dire ralentir le jeu durant tout un match et laisser l’initiative à l’adversaire. D’ailleurs, le premier rempart chargé de bloquer la construction du jeu des joueurs du Malawi était quasi inexistant, ce qui a fait que les écarts entre les trois compartiments étaient flagrants. En défense, l’entente entre les trois axiaux était loin d’être parfaite, de l’aveu même de l’entraîneur national qui a relevé en conférence de presse qu’il n’était pas normal de jouer la ligne sans être sûr de mettre les attaquants adverses hors jeu.
Quand la défense devient le maillon faible des Verts
Cette défense, qui constituait pourtant le point fort de l’équipe, a complètement explosé avant-hier, car il faut souligner qu’elle n’avait jamais encaissé plus de deux buts auparavant. Ce qui est loin d’être rassurant quand on sait que demain, on aura en face de nous des attaquants de très haut niveau, à l’image de Kanouté. Ce dernier se fera un malin plaisir d’exploiter les erreurs commises par Bougherra et Zaoui, comme ce fut le cas hier contre le Malawi. Par ailleurs, Saâdane parle de la bonne réaction de ses joueurs en seconde période. Peut-être a-t-il confondu notre équipe avec celle du Mali. En tout cas, si amélioration il y a eu, elle n’était pas visible, d’autant que c’était en deuxième période que nous avions encaissé un troisième but. L’addition aurait même été plus lourde n’eût été la maladresse des attaquants Malawites, qui ont raté plusieurs occasions de but sur des contres qui leur permettaient de se retrouver à deux, et même parfois à trois, devant Chaouchi, en l’absence de tout marquage.
Lors de la conférence de presse d’avant le stage de Castellet, Saâdane avait déclaré que l’EN n’avait pas de fond de jeu. Cela a été bel et bien prouvé face au Malawi. Et dire que les supporters des Verts les plus optimistes rêvent de victoire face à l’Angleterre en Coupe du Monde ! Il n’est certes pas interdit de rêver, mais ce n’est pas en jouant de cette façon qu’on parviendra, ne serait-ce qu’à impressionner les hommes de Fabio Capello.



