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Les Verts confiants mais méfiants
- Dimanche, 10 Janvier 2010
Les Verts confiants mais méfiants
Forts de leur nouveau galon de mondialistes mais sans aucune faveur faite d’avance, les Verts, qui polarisent l’attention depuis qu’ils ont posé le pied en terre angolaise, entameront cet après-midi face au Malawi «leur» Coupe d’Afrique des nations avec des ambitions plein la tête. Mais aussi avec d’innombrables incertitudes. Comme celles liées à l’état de forme, encore déliquescent, de la triplette Saïfi – Yahia – Meghni. Même le patron technique de l’EN, Rabah Saâdane, n’est pas encore définitivement fixé sur les réelles chances d’intégrer Meghni dans la liste des 18. «S’il est vrai que nous avons récupéré ces trois éléments, il est tout aussi vrai qu’ils ne sont pas encore à 100 % de leurs capacités dans la mesure où ils accusent un déficit certain sur le plan physique et manquent considérablement de compétition», soulignait à ce propos le driver des Verts, véritablement indisposé et mis à mal par ces défections pas du tout rassurantes à l’heure où il faut affronter ce qu’il a qualifié de «sélection très disciplinée dans son jeu, rigoureuse sur le plan tactique et formant un bloc-équipe difficile à bouger». Toutefois, l’entraînement d’hier a rassuré Saâdane quant aux capacités physiques de Saïfi annoncé comme titulaire. Une rencontre qu’il faudra toutefois impérativement gagner pour envisager la suite du parcours en ce premier tour de tous les dangers avec un maximum de sérénité et un avantage doublement bénéfique aussi bien sur le plan purement arithmétique que mental.
Saâdane : «Il ne faut pas tomber dans le piège de l’excès de confiance»
Du haut de ses presque quatre décennies d’expérience emmagasinée, Rabah Saâdane a d’ailleurs insisté sur l’importance de cette entrée en matière, faisant, comme à son habitude, montre d’une confiance mesurée, conjuguée à une prudence de bon aloi. «Ce premier match est très important. Il déterminera en partie la suite de notre parcours et de notre aventure angolaise. Face à une sélection malawite qui mérite tout le respect que l’on doit à son rang d’une des seize meilleures sélections du continent, il ne faudra surtout pas tomber dans le piège de l’excès de confiance et sous-estimer notre adversaire du jour», martèlera en connaissance de cause le sélectionneur national. Dans un contexte pas vraiment avantageux, avec notamment une chaleur suffocante et un taux d’humidité qui titille des sommets jamais imaginés, les Verts savent désormais à quoi s’en tenir. Et quoi faire, également. D’autant plus que tout résultat autre qu’un succès convaincant face au modeste Malawi serait perçu comme une petite catastrophe en Algérie, où les millions de supporters et inconditionnels d’El-Khadra aspirent à un parcours de champion.
Raouraoua retape le moral des joueurs
C’est que les multiples couacs qui ont altéré le bon déroulement du stage de préparation au Castellet risquent de ressurgir à tout moment pour rattraper l’EN et électriser de nouveau un «vestiaire» qui vient pourtant à peine de refermer un harassant et gênant chapitre consacré au volet financier et au règlement intérieur. Sachant son groupe quelque peu fragilisé par les derniers évènements qui ont pour cadre le sud de la France métropolitaine, le président de la Fédération algérienne de football, Mohamed Raouraoua, s’est d’ailleurs empressé de regrouper tous ses joueurs, histoire de faire un rapide et exhaustif tour de table sur les préoccupations actuelles et de répondre aux questions qu’ils pourraient se poser, mais surtout pour les rassurer, en sa qualité de membre du comité exécutif de la CAF, après le tragique épisode togolais.
Vers un dispositif en 3-5-2 ou 4-4-2
Une réunion qui a, certes, apaisé certains esprits, mais pas forcément ceux des sociétaires du club anglais de Portsmouth, Nadir Belhadj et Hassan Yebda, que leur direction exhorte de rentrer le plus tôt possible en Grande-Bretagne, ni ceux qui pensent «tactique» et qui balancent encore entre l’habituel 3-5-2 usité avec succès en mode éliminatoire et le traditionnel 4-4-2, introduit par Rabah Saâdane, lors de l’avant-dernière répétition avant le jour J. Cela, même si devant le refus déguisé sous des termes à peine voilés de la «tutelle» fédérale de troquer le schéma habituel contre le dispositif dicté par les nouvelles conditions de jeu, l’entraîneur national a préféré garder un brin de suspense et d’incertitude en évoquant «d’autres variantes étudiées». De quoi raviver dans certains esprits non amnésiques les souhaits de démissions du même Rabah Saâdane en pleine préparation d’avant-CAN et entourer de beaucoup d’ambivalence cette première sortie fort attendue, non pas par la seule assise populaire algérienne, mais aussi et surtout par tout un continent avide de voir à l’œuvre sa désormais nouvelle quatrième puissance footballistique au classement hiérarchique.



