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Si Tahar Chérif El Ouazzani (ex-cap. EN) : «Les Verts ont de grands atouts pour aller loin dans cett
- Samedi, 09 Janvier 2010
Si Tahar Chérif El Ouazzani (ex-cap. EN) : «Les Verts ont de grands atouts pour aller loin dans cette CAN»
Comment va en ce moment Chérif El Ouazzani et qu’en est-il de votre divorce spontané avec l’ASMO ?
Alhamdoulillah, je vais très bien, ce qui compte le plus étant la santé. Je suis toujours aux nouvelles de notre football et je pense sincèrement reprendre mon bâton de pèlerin. Je n’en dirai pas plus. Quant à votre question concernant ma rupture avec l’ASMO, franchement je ne veux pas revenir là-dessus, c’est du passé. A quoi sert en effet de remuer le couteau dans la plaie ? On ne s’est pas entendus sur certaines conditions, alors j’ai préféré partir de moi-même, sans aucune pression venant de quiconque. Ce sont les aléas du football : aujourd’hui on est là, demain on n’est ailleurs et c’est tout. Chez nous, la vie des entraîneurs c’est un peu comme celle des troubadours, et ils servent de boucs émissaires au moindre pépin de l’équipe (rires).
Maintenant, parlons EN qui, après avoir raté deux éditions de la CAN, revient en force et, par là même, a décroché son billet mondial, après 24 années d’absence. Que pourriez-vous nous dire sur cette très belle embellie des Verts ?
La détermination était de mise quant à la qualification après un premier tour très poussif qui a valu à notre EN de passer sur le fil au détriment du Sénégal.
D’ailleurs, l’équipe a commencé à se dessiner après la victoire probante face aux favoris qu’étaient les Egyptiens et ce, à Blida. En toute sincérité, il faut remonter à loin pour voir une équipe aussi soudée sur tous les plans, car franchement ce n’est pas donner à tout le monde de faire barrage aux Pharaons qui, tout de même, sont les doubles champions d’Afrique. Elle est tout simplement formidable cette double qualification qui remet en selle un football qui, il faut le reconnaître, était tombé en disgrâce ces derniers temps et dans lequel la violence s’est érigée en une véritable plaie qui n’a fait qu’enfoncer le clou. Il n’y a qu’à voir en effet ce qui se passe sur les terrains où il ne se passe pas une journée sans qu’on assiste à des matches à huis clos, au point où cala fait maintenant partie du paysage dans notre sport-roi.
Et quels sont vos sentiments face à ce retour en force de nos Fennecs à l’échelle continentale et mondiale ?
C’est quelque chose de bon pour notre football après sa longue hibernation qui lui a valu de se voir relégué aux calendes grecques. Je le redis encore, cette équipe peut aller loin car elle a du mordant, du punch, de la volonté et du courage. Voyez tout ce qui s’est passé au Caire et, malgré cela, ils ont réussi à renverser la vapeur et à arracher de haute lutte le billet qualificatif pour le Mondial sud-africain, après avoir assuré deux journées plus tôt l’autre ticket (ndlr : match contre la Zambie à Blida). Cette double qualification est méritée sur tous les plans et, incontestablement, le mérite en revient à Saâdane dont on sent la grande touche dans ce retour de nos Fennecs aux compétitions internationales. N’oublions pas aussi que le retour de Raouraoua aux affaires de notre football a, lui aussi, une part prépondérante dans les victoires de notre EN.
Maintenant, comment voyez-vous les chances des Verts à l’entame de cette CAN ?
Malgré tout ce qu’on a ressassé durant le stage du Castellet, je suis très optimiste quant à une belle CAN de nos capés, qui peuvent aller loin dans cette dernière si, bien sûr, ils gardent la même dynamique. L’EN a des atouts pour s’imposer et pourrait même être l’agréable surprise, après une absence qui a duré plus qu’il n’en fallait dans cette compétition.
A première vue, le groupe où évolue la sélection nationale est-il abordable ou, a contrario, difficile ?
Il ne faut pas s’y méprendre, c’est un groupe difficile comme touts les autres. Il ne faut pas perdre de vue en effet qu’aujourd’hui, il n’y a plus de petites équipes. Voyez le Mali, qui est l’une des valeurs sûres de cette CAN, avec ses stars. Il y a aussi l’Angola, qui porte la double casquette en tant que pays organisateur et a été de mise lors du dernier Mondial allemand. C’est dire que les Palencas Negras seront très dangereux sur leur fief. Même le Malawi ne doit pas être sous-estimé. Il n’y a qu’à voir ses matchs de préparation face au Mozambique, à l’Egypte et dernièrement le Ghana. Tous des résultats positifs et qui donnent à réfléchir pour ceux qui auront à croiser le fer avec cette équipe montante.
Comment voyez-vous l’entrée en matière des Verts face justement au Malawi ?
Les premiers matches sont très décisifs pour la suite. Donc, il faudra faire très attention. Comme je l’ai déjà dit, cette équipe ne viendra pas en victime expiatoire à Luanda, elle fera en sorte de jouer son va-tout. Contre les nôtres, ils vont essayer de créer la sensation. Ceci dit, il ne faut pas oublier tout de même que les Verts ont déjà leurs propres armes pour arracher les trois points de la victoire afin de mieux préparer le prochain match face au Mali. Une rencontre qui sera décisive pour la suite de la compétition. En toute franchise, l’EN peut dominer cette poule mais tout en ayant l’œil au rétroviseur et sur tous les locataires de ce groupe, qu’il ne faut surtout pas prendre à la légère.
En tant qu’ancien vainqueur de l’unique CAN remportée par l’Algérie, quels ont été les moments forts de ce plébiscite qui a fait que l’Algérie est montée sur le toit de l’Afrique ?
En 1990, les Verts, sous la houlette de Kermali, ont fait table rase et n’ont laissé que des miettes à leurs adversaires, à l’image de la Côte d’Ivoire, le Nigeria, l’Egypte et le Sénégal. On avait une équipe truffée de joueur hors norme, à l’instar de Madjer, Menad, Amani, Oudjani, Saïb, Osmani, Serrar et autres. Un bloc soudé qui a raflé toute la mise, avec la meilleure attaque, la meilleure défense et le meilleur buteur. C’était une extraordinaire épopée ! En finale, le stade du 5-Juillet était rempli comme un œuf (plus de 80.000 spectateurs), le but de Oudjani, inscrit contre les Green Aigles, a mis tout le stade dans une féerie indescriptible. Ce fut une grande fête qui avait mis le feu dans toute l’Algérie. Ce sacre reste pour moi le summum de ma carrière footballistique.



