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A J-1 de la CAN 2010
- Vendredi, 08 Janvier 2010
Les nouveaux Verts sont de retour
Après une absence de six ans (deux éditions, 2006 et 2008) à la phase finale de la CAN, l’Algérie est de retour avec le solide et mérité statut de mondialiste puisqu’elle s’est assurée une place parmi le gotha du football planétaire en juin prochain en terre sud-africaine. Toutefois, il y a longtemps, soit depuis l’unique sacre de 1990 à Alger, que la sélection nationale n’a pas brillé durant cette compétition, se faisant souvent sortir dès le premier tour (1992, 1998 et 2002).
Par Mohamed Malik
L’absence de l’Algérie lors des deux dernières éditions illustre parfaitement la situation désastreuse dans laquelle se trouvait le football Algérien. Et même avant, hormis la parenthèse 2004 où les Verts, sous la conduite de Rabah Saâdane ont atteint les quarts de finale comme ce fut le cas en 2000 et en 1996, l’Equipe nationale ne dépassait guère le premier tour. Atteignant même les profondeurs en 1998 en quittant la compétition avec un zéro pointé au tableau (trois défaites). C’est dire que depuis deux décennies (voir illustration), l’Algérie est restée au-dessous de ses potentialités, de son standing, de son histoire et de ses prétentions, notamment celles nourries par l’espoir de tout un peuple qui se passionne plus que jamais pour le football et surtout pour son équipe. Pris dans la vague enivrante de la qualification pour la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud, les Algériens ont presque oublié que leur sélection nationale avait déjà les pieds en Coupe d’Afrique qu’elle débute dans deux jours où elle devra défendre son nouveau statut de mondialiste. Le rêve d’aller en Afrique du Sud étant acquis, place maintenant à la CAN qui demeure une compétition majeure à laquelle il faut sérieusement se consacrer en allant le plus loin possible, comme l’ont projeté les responsables de la Fédération et le sélectionneur, et pourquoi pas remporter le titre que les Verts n’ont jamais pu séduire hors de leurs terres. L’Algérie revient donc après une absence très remarquée lors des deux dernières éditions (2006 et 2008) remportées par l’Egypte qui remet sa couronne en jeu dans un tournoi qui s’annonce d’ores et déjà relevé avec la présence de quatre autres mondialistes qui auront les faveurs des pronostics.
L’Algérie est revenue dans le gotha Africain certes, mais elle doit confirmer ce retour à travers des résultats plus que probants comme l’a fait la jeune génération des années 80 après son retour en 1980 au Nigeria après 12 ans d’absence. Une bande de jeunes joueurs (les Fergani, Madjer, Belloumi, Assad, Bensaoula, Merzekane et autre Kouici), emmenée par l’entraîneur Mahieddine Khalef, ont réussi à tenir la dragée haute à de grandes nations, parvenant jusqu’en finale avant de subir le volcan du fameux Surulure de Lagos face au Nigeria (0 à 3). Cette bande de jeunes avait ébloui le continent et sera la digne représentante d’une génération qui marquera de son emprunte indélébile l’histoire du football algérien.
Sept joueurs ont déjà goûté à la saveur de la CAN
Aujourd’hui, c’est une nouvelle génération, peut-être moins talentueuse que son aînée, une équipe en devenir qui s’apprête à relever le défi et aborder cette CAN 2010 avec de grosses ambitions finalement affichées par le staff technique après le stage des Verts effectué au Castelet, dans le sud de la France. Six éléments (Gaouaoui, Zaoui, Raho, Mansouri, Yahia et Ziani) avaient déjà goûté aux saveurs de cette épreuve continentale en Tunisie, il y a six ans, auxquels il faut ajouter Rafik Saïfi comme vieux briscard du continent, aideront certainement le reste de l’effectif dans sa première expérience. Sans compter l’apport d’un Rabah Saâdane qui a déjà un capital inestimable dans cette compétition et qui fait que, depuis son retour à l’automne 2007, l’espoir est de nouveau permis à travers déjà une reprise en main plus rassurante et un parcours très encourageant lors des éliminatoires de cette CAN et du Mondial 2010. Dans un groupe où le Sénégal faisait figure de favori, lors du second tour, les Verts ont forcé leur destin grâce à une génération ressuscitée par Saâdane s’appuyant sur la génération issue de l’épopée de Sousse et de Sfax.
Mettre à profit les expériences du passé
A la veille de ce rendez-vous des 16 meilleures nations du continent, les Verts ont déjà amorcé leur descente du nuage qui les a portés dans le ciel de Khartoum après le match d’appui face à l’Egypte (1 à 0) et s’apprêtent à jouer le Malawi, ce lundi, pour s’ouvrir les portes d’une nouvelle aventure. Espérons seulement que nos représentants n’auront pas à rater ce rendez-vous comme l’ont fait leurs talentueux aînés en 1982 et en 1986, lorsque l’Algérie avait réussi à décrocher son billet pour l’Espagne et pour le Mexique. En effet, lors de l’édition libyenne, les Assad, Madjer, Fergani et consorts se sont fait éliminer en demi-finale par le futur vainqueur, le Ghana (2 à 3), avant de perdre la troisième place au profit de la Zambie (0 à 2). Pourtant, en 1982, l’Algérie possédait la meilleure équipe du continent et tous les spécialistes la considéraient comme la favorite du tournoi. Deux ans plus tard, en Egypte et sous les ordres d’un Rabah Saâdane déstabilisé par des problèmes d’ingérence, ce fut le fiasco total avec une élimination dès le premier tour, sans gloire, après deux matchs nuls (sur un score vierge) face au Maroc et à la Zambie et une défaite contre le Cameroun (2 à 3).
L’Algérie part avec quelques avantages
Une expérience que ne voudrait pas revivre cette fois le patron des Verts en terre angolaise. De prime abord, on peut estimer que ce groupe A est abordable dans la mesure où les Algériens partent avec quelques avantages, notamment le tirage au sort et par rapport aux données statistiques et de l’histoire des rencontres entre les quatre équipes. Les coéquipiers de Ziani auront à superviser les deux gros bras du groupe A que sont le Mali et l’Angola qui s’affronteront demain en match d’ouverture au nouveau stade Nacional de Luanda juste après la cérémonie d’ouverture. L’évitement d’entrée des Aigles du Mali et les Palancas Negras qui évolueront devant leur public, devrait permettre aux Algériens de prendre un sérieux ascendant s’ils venaient à battre le Malawi, une équipe certes en nette progression et coriace, mais pas forcément un foudre de guerre. Les Verts pourront alors mieux gérer leur premier acquis, avec l’ambition de passer au second tour et pourquoi pas aller le plus loin possible. Nul doute que cette CAN 2010 nous renseignera davantage sur les forces de notre Equipe nationale et sur sa capacité de faire face à une adversité (qualité des adversaires), à un climat différent (chaleur et humidité) et à une compétition plus ramassée dans le temps (trois matchs en dix jours). Quels que soient les résultats chiffrés, cela ne devrait pas nous faire oublier les autres buts recherchés à travers cette participation, c’est-à-dire gagner en expérience, approfondir notre fond de jeu et renforcer notre esprit de conquête.



