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Le professionnalisme en 49 jours !
- Mercredi, 30 Juin 2010
Les présidents de club regardent la Coupe du monde à la télévision. C’est sans doute pour cela qu’une majorité de clubs n’ont pas encore déposé leur dossier de SPA auprès de la LNF. A deux jours de la date butoir du 30 juin, il y a le feu. Mais sans doute que des rumeurs ont déjà contré la panique. La LNF ne peut pas organiser un Championnat professionnel avec quatre ou cinq clubs. Plus les retardataires sont nombreux et moins est grand le risque de se faire exclure du premier palier l’année prochaine. Bien sûr, la Coupe du monde n’est pour rien dans ce bachotage. Les SPA, c’est une affaire sérieuse. Cela nécessite des porteurs de projets, des investisseurs prêts à se mettre ensemble pour construire une entreprise sur la marque d’un club. Et cela ne se fait pas en 49 jours. Car c’est bien 49 jours que la FAF, dans sa grande mansuétude, a donné au football algérien pour passer au professionnalisme. La première légèreté vient des instances. Pour le reste, les dirigeants de club se retrouvent à la fois en train de solder les comptes de la saison dernière, préparer sportivement la prochaine saison et monter des dossiers de SPA, sans jamais être certains de leur capitalisation. Un chaos intégral. Au point, dans un tel fatras, que de nombreux présidents hésitent à être de l’aventure. Le CR Belouizdad pourrait déclarer forfait pour la suite de la Coupe de la CAF. Il manque tout simplement 7 milliards de centimes à Kerbadj, son président, pour remettre ses comptes à flots. Les joueurs parlent de partir. Mais ailleurs ce n’est pas toujours plus reluisant. Les bailleurs de fonds ne veulent plus rien donner. Ils ne savent pas à qui ils vont avoir affaire demain, après la naissance de la SPA. Les collectivités locales font pareil. Pas d’argent, beaucoup de dettes, des échéances qui arrivent au pas de charge. Le passage au professionnalisme est un psychodrame algérien. Habituel. Il faut s’attendre à ce rythme à retrouver des présidents de conseil d’administration au profil bac-5. Cela se dessine déjà dans un grand club dont il faut taire le nom. Par respect pour le professionnalisme. Heureusement qu’il y avait hier Espagne Portugal pour oublier ce mauvais film du saut vers la modernité en 49 jours.



