BOXE : Trois médailles d’or et autant en argent
- Samedi, 10 Septembre 2011
- Écrit par Administrator
Jeux Africains de Maputo
Trois médailles d’or et autant en argent
Nos boxeurs largement à la hauteur
Par Abdou Seghouani
L’hymne national a retenti à trois reprises dans la salle do Estrela Vermelha de Maputo, qui a abrité vendredi les finales du tournoi de boxe des 10es Jeux Africains.
Abdelhafid Benchabla (81 kg), Chouaïb Bouloudinet (90 kg) et Kamel Rahmani (+91 kg) ont gagné leurs finales et remporté la médaille d’or, chacun dans sa catégorie de poids. Les quatre autres boxeurs algériens finalistes à Maputo se sont contentés de médailles d’argent, dont Sâad Kaddous qui, la mort dans l’âme, n’a pas pu monter sur le ring disputer sa finale pour cause de blessure. Ainsi, grâce à nos boxeurs, l’Algérie remporte trois nouvelles médailles d’or et quatre d’argent. Sur les neuf boxeurs engagés, sept ont donc accédé au podium. C’est largement au-delà des pronostics établis par la Fédération algérienne de boxe (FAB) avant ces joutes.
Mission accomplie
Trois victoires en finales, trois défaites et un forfait pour blessure. Tel est le bilan de la boxe algérienne aux Jeux Africains de Maputo. Sans l’ombre d’un doute, et comme nous l’avions annoncé préalablement, la boxe a convenablement rempli sa mission au Zimbabwe. Comme elle l’avait fait auparavant à Yaoundé (Cameroun), en juin dernier, lors des Championnats d’Afrique, et en décembre 2010 à Alger, lors de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de boxe. Au vu de ses résultats, il est aisé de constater l’évolution et les progrès enregistrés par nos boxeurs et on peut encore longtemps disserter sur le sujet. Mais arrêtons-nous là et savourons ces succès de nos pugilistes, qui constituent une motivation certaine pour l’EN «A», appelée à passer aux choses sérieuses dans deux semaines, à savoir les Championnats du monde 2011 de Bakou. Toujours est-il qu’il est important de garder l’œil sur l’Afrique à l’avenir, car il reste deux tournois qualificatifs aux JO-2012 de Londres. Et lorsqu’on sait que l’Île Maurice a remporté trois médailles d’or à Maputo, ce n’est ni le moment de baisser la garde, ni de tomber dans l’autosatisfaction. Restons donc vigilants !
Tout est là pour 2016 et 2020
A bien analyser cette prestation de nos boxeurs aux Jeux Africains de Maputo, il s’agit d’une véritable performance, dans la mesure où elle revêt un cachet particulier et a des répercussions qui vont chercher dans le moyen et le long terme, voire même dans la perspective des JO 2016 et 2020. C’est en effet dans les catégories de poids supérieures que l’on a noté le plus de satisfactions chez les boxeurs algériens à Maputo. Les autres catégories, loin d’avoir démérité, ont plutôt péché par manque d’expérience à ce niveau de la compétition. D’autant que les boxeurs sélectionnés par le staff technique national sont issus, pour la plupart, des effectifs de l’EN «B» et «Espoir». Et lorsqu’on sait qu’il s’agit de jeunes boxeurs de moins de 20 ans, force est d’en déduire que l’élite nationale actuelle de la boxe algérienne est en place pour les dix prochaines années. Pourvu qu’on s’en occupe !
Benchabla un cran au-dessus
Pour le champion du monde Abdelhafid Benchabla, la première marche du podium était acquise à l’avance, vu qu’il avait assuré ses prestations au niveau du tableau des qualifications, avec de larges victoires. Les scores enregistrés par l’enfant de Zemmouri sont suffisamment édifiants : 14-7 contre le Tunisien El-Mekachiri au 1er Tour, par arrêt avant la limite, contre l’Angolais Narbeto en quart de finale et 15-4 en demi-finale face au Camerounais Adjoufou. En finale, il n’a pas fait dans le détail en s’imposant avant la limite (RSC-I). Benchabla a plié le combat dès le premier round, les coups qu’il avait donnés à son adversaire ayant fait mouche et provoqué des blessures irréversibles. Champion du monde en titre de la WSB de l’AIBA, Abdelhafid Benchabla n’avait rien à prouver à Maputo, sinon que d’assurer le métal précieux à son pays. Et ce n’est pas un hasard si les techniciens et observateurs du «noble Art» ont désigné Benchabla meilleur boxeur à Maputo. Donc, mission accomplie pour le champion.
Rahmani et Bouloudinet, la cerise sur le gâteau
Kamel Rahmani s’est illustré dans la catégorie des super lourds (+91 kilogrammes) en s’imposant en finale face au redoutable Tunisien Aymen Trabelsi. Comme Rahmani, Trabelsi a été demi-finaliste aux Championnats d’Afrique 2011 de Yaoundé. Les deux pugilistes se connaissaient donc bien et étaient montés sur le ring à chances absolument égales. Mais c’est Rahmani qui, à l’issue d’une finale équilibrée, difficile et très disputée, aura eu gain de cause, en s’imposant aux points et sans l’ombre d’un doute. Chouaïb Bouloudinet a lui aussi atteint la finale dans la catégorie des poids lourds (91 kilogrammes) où il a croisé les gants avec le boxeur le plus populaire du Nigeria, Efetobor Apochi. Plus déterminé et plus animé que son adversaire par l’envie de gagner, Bouloudinet met à contribution toute son expérience et son savoir-faire pour l’emporter et accéder à la plus haute marche du podium. Ces succès de Bouloudinet et Rahmani constituent une nouveauté pour la boxe algérienne au niveau africain. Il s’agit de catégories de poids supérieures (lourds et super lourds) où les pugilistes algériens n’avaient pas pour habitude de s’imposer. C’est donc un bon signe pour l’avenir.
Flici, Benbaziz et Brahimi n’ont pas à rougir
Sur les sept boxeurs en finales, quatre ont dû se contenter de médailles d’argent. Comme nous l’avions annoncé dans la présentation des combats, nos quatre athlètes partaient à chances relatives. En effet, la situation qui se présentait comme la plus difficile était celle à laquelle a été confronté le jeune Réda Benbaâziz (18 ans) dans la catégorie des 58 kilogrammes. En finale, il avait comme adversaire l’expérimenté Mauricien Bruno-Julie Richard (33 ans). Ce dernier est le seul boxeur africain à avoir décroché une médaille (de bronze) aux JO de Pékin-2008. Notre jeune pugiliste a tout de même tenu la dragée haute à son adversaire, en faisant jeu égal avec lui, pour terminer son combat sur le score nul de 8-8. Il a fallu recourir à la décision des juges, et c’est le Mauricien qui en a eu les faveurs.
Mohamed Flissi, un autre jeune boxeur de 19 ans, était confronté à un dur morceau. Il était dans l’obligation de sortir le grand jeu pour espérer s’imposer dans son combat face au champion d’Afrique en titre des 49 kilogrammes, le Camerounais Thomas Essomba. A l’issue des quatre rounds réglementaire, Flissi s’incline aux points (16-8).
Le staff technique satisfait
En conclusion, la boxe algérienne continue à asseoir sa domination sur le continent. La confirmation en a été donnée avant-hier dans les finales du tournoi de la discipline de ces 10es Jeux Africains de Maputo. Avec une équipe composée de jeunes éléments, qui vont constituer la force de frappe de l’Algérie à l’horizon 2016/2020, et quelques autres confirmés, à l’image de Benchabla et Bouloudinet, la boxe algérienne a brillé de mille feux en Mozambique. Dépassant même les espérances, comme l’a confirmé à l’APS le DTN Mourad Méziane : «Ces résultats dépassent de loin nos prévisions». «Nous sommes très satisfaits des résultats obtenus, notamment par les jeunes boxeurs engagés. […] Ce sont des jeunes qui promettent beaucoup», a-t-il estimé à l’issue des finales disputées vendredi soir à Maputo. «Nous avons confirmé que la boxe algérienne se portait bien», a conclu M. Méziane à l’agence de presse APS.
Aujourd’hui, rappelons que doit se tenir l’AG élective de l’Union des confédérations sportives africaines (UCSA) avec, en lice, un candidat algérien qui n’est autre que le docteur Abdellah Bessalem, président de la Confédération africaine de boxe et de la FAB et qui postule pour le poste de président de l’Union.
Notons, enfin, que les épreuves d’athlétisme, qui débutent aujourd’hui, peuvent donner de bons résultats.
Résultats des finales
49 kg : Essomba Thomas (Cmr) bat Mohamed Flissi (Alg) aux points (16-8)
52 kg : Oteng Oteng (Bot) bat Samir Brahimi (Alg) aux points (8-9)
56 kg : Julie R. Bruno (Mri) bat Réda Benbaziz (Alg) par décision (8-8)
60 kg : Mejri Ahmed (Tun) bat Mmoloki Nogeng (Bot) aux points (20-5)
64 kg : Richarno L. Collin (Mri) bat Houya Abderazak (Tun) aux points (7-5)
69 kg : Mulema Joseph (CMR) bat Ademuyima Kehnde (NGR) par décision (10-10)
75 kg : St Pierre J. Kenedy (MRI) bat Saâd Kaddous (Alg) par forfait (blessure)
81 kg : Abdelhafid Banchebla (Alg) bat Lukman Lawal (Ngr) RSC-I (arrêt de l’arbitre)
91 kg : Chouaïb Boloudinet (Alg) bat Efetobor Apochi (Ngr) aux points
+91 kg : Kamel Rahmani (Alg) bat Aymen Trabelsi (Tun) aux points.



