Boxe : Du punch au féminin

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Malika Bouarfa :

«Mon seul souhait est de participer aux JO 2012»

Par B. Sadek

 

Depuis son plus jeune âge, Malika Bouarfa a toujours été intéressée par le noble art, essentiellement réservé aux hommes.

 

Depuis son plus jeune âge, Malika Bouarfa,  est une fervente amatrice du noble art, et au fil du temps, elle a commencé à montrer de bonnes dispositions pour la pratique de cette discipline que l’on croyait principalement réservée aux hommes. Poussée par sa famille et ses amies, elle finit par intégrer le monde de la boxe au club de l’ASM Oran puis à l’Association El-Badr d’El-Hassi, avant d’atterrir finalement au Nasr Es-Sénia où elle retrouve ses repères grâce à l’entraîneur Rezki Messaoud et au président du club, Nacer Eddine Amieur, et ce malgré le peu de moyens dont dispose cette association. Malika était la seule fille mais cela ne l’a pas empêchée de persévérer et de travailler durement. Son premier combat, elle le dispute à Relizane en 2008 et décroche la troisième place en s’attirant tous les regards avant de devenir championne d’Algérie dans la catégorie des 51 kg. Remarquée par l’entraîneur national des féminines, Malika est vite sélectionnée pour intégrer l’équipe nationale en pleine préparation pour la 3ème édition du Championnat d’Afrique qui s’est déroulée le mois de décembre 2010 à la salle Harcha, à Alger. Sans expérience et moins préparée que les autres, elle rejoint donc l’élite. «Me retrouver parmi l’élite nationale était une grande joie pour moi. C’était aussi une fierté de représenter les couleurs nationales ainsi que l’ouest du pays et mon club formateur. Je suis arrivée parmi mes camarades tout juste pour suivre le stage de dix jours avant d’entrer de plain-pied dans la compétition internationale. J’étais mal préparée physiquement et psychologiquement. Fort heureusement, les quatre stages bloqués du mois de juillet, août, septembre et octobre avec trois autres boxeuses de différentes catégories ont été bénéfiques pour moi.»

 

Une belle troisième place africaine

 

Au départ, Malika visait la deuxième place. Elle dispute trois combats, une victoire face à une pugiliste de Côte d’Ivoire et malheureusement elle perd ses deux autres combats suivants devant une Tunisienne, double championne du monde, et une Marocaine, plusieurs fois championne et, de surcroît, qui pratique aussi le kick boxing. Le combat face à la Marocaine était de haute facture et d’un très bon niveau. Même les organisateurs et l’assistance présente  ont été émerveillés par la belle prestation de l’Oranaise. «Sincèrement, je ne m’attendais pas à m’acquitter honorablement de ma mission. Le mérite revient à mes entraîneurs du Nasr-Sénia et de l’équipe nationale, M. Halima et le Cubain Ronaldo, lesquels m’ont donné envie d’aller vers l’avant. Je pense que ma prestation a été honorable et m’a permis surtout de tirer beaucoup d’enseignements», nous a dit Malika avec fierté. Ne s’arrêtant pas là, cette pugiliste hors pair au niveau féminin participe au tournoi international d’El-Eulma à l’occasion des dernières festivités du 8-Mai 1945. Elle y croise les gants avec les championnes de Serbie, de Hongrie et de Tunisie avant de s’adjuger la troisième place de cette réunion.

 

Seulement de la considération

 

Issue d’une famille modeste et vivant avec sa mère d’un âge avancé, notre athlète, malgré sa distinction internationale et sa médaille de bronze, n’a même pas eu droit à une petite réception de la part des autorités locales d’Es-Sénia. « Pourquoi ce mépris et ce manque de considération », se demande-t-elle ? En dépit de cela, et pas du tout découragée, elle se met sous les feux de la rampe pour récidiver encore une fois et remporte la ceinture d’or de la ville d’Oran lors d’un gala organisé par l’APC d’Oran au palais des Sports lors des festivités de l’indépendance. Le lendemain, sans répit, elle se déplace à Alger pour prendre part au Championnat d’Algérie organisé à la salle des Eucalyptus d’El-Harrach (6 et 7 juillet). Son premier combat, elle le dispute face à Tinhinane Aït de Béjaïa qu’elle remporte en quarts de finale. Pour son second combat, elle croise les gants avec la Franco-Algérienne Sarah Hamraoui, six fois championne d’Europe, qui se déplace souvent aux Etats-Unis et en Italie, dont le père n’est autre que son entraîneur et celui de l’équipe nationale française féminine. Malika ne fait pas de détail face à cette championne expérimentée et prend le dessus aisément. Etonné et surpris par la classe de notre boxeuse, le père de Sarah Hamraoui n’a pas hésité à  inviter notre pugiliste pour une visite au centre de formation de boxe et au club de sa fille en France. Emue et fière, Malika a accepté. Gagnée par la fatigue, la boxeuse oranaise dispute son troisième combat (la finale) qu’elle perd devant Samia Benchaâbane d’Aïn Defla et enlève la seconde place. Malika Bouarfa est convoquée en équipe nationale pour un regroupement qui aura lieu après le ramadan à Alger.

 

Objectif : Londres 2012

 

Malika est une licenciée en psychologie clinique, actuellement au chômage, mais toujours sportive, malgré tous les aléas de la vie quotidienne. Elle souhaite de tout cœur participer aux jeux Olympiques de Londres 2012. «Je suis capable de me transcender pour réaliser d’excellents résultats. Je lance donc un appel aux autorités locales pour une prise en charge afin que je puisse travailler dans de bonnes conditions. Je n’omets pas de remercier tous ceux qui m’aident et me soutiennent, particulièrement ma famille et ma mère», nous dira encore Malika, en guise de conclusion. Des mots prononcés avec sincérité et amertume.

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